Cancer du côlon : Immunoscore aide à déterminer la durée du traitement

  • Ann Oncol

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

L’immunoscore® (IS) est un biomarqueur qui permet d’estimer la réponse immunitaire et donc le risque de récidive. Les résultats d’une étude montrent chez des sujets souffrant de cancer du côlon (CC) à un stade III :

  • la faisabilité et la reproductibilité de l’IS, 
  • la valeur pronostique de l’IS sur la survie sans maladie,
  • le bénéfice sur la survie sans maladie d’un traitement par FOLFOX durant 6 mois pour les patients ayant un IS intermédiaire ou élevé mais par FOLFOX durant seulement 3 mois pour les patients ayant un IS faible - pronostic plus défavorable.

Méthodologie

La densité en lymphocytes T CD3+ et CD8+ au centre et en marge de la tumeur a été déterminée par immunohistochimie, puis quantifiée par méthode digitale et ces données ont été converties en immunoscore®. Un ISfaible indiquant un fort risque de récidive. 

Principaux résultats

Au total, sur l’ensemble des 1.322 patients de l’étude IDEA France identifiés, les données de 492 et 481 patients traités par FOLFOX durant respectivement 3 mois et 6 mois et pour lesquels un IS était disponible ont été analysées. Seulement 8,4% des patients ont été traités par CAPOX, ces données n’ont donc pas été incluses dans les analyses. 

L’IS a été jugé comme faible, intermédiaire et élevé chez respectivement 43,6%, 47,0% et 9,4% des patients. 

Les analyses ont permis d’identifier deux populations significativement différentes en termes de survie sans maladie (ceux ayant un IS faible et ceux ayant un IS intermédiaire ou élevé). Les premiers avaient une survie à 3 ans sans maladie de 66,80% et les seconds de 77,14%. Un IS faible a été associé à un risque de récidive ou de décès augmenté de 54% par rapport à un IS intermédiaire ou élevé (hazard ratio 1,54 [1,24-1,93], p=0,0001). 

En analyse multivariée, après ajustement sur le sexe, le grade de la tumeur, le stade N/T et l’instabilité microsatellitaire, l’IS restait un facteur indépendant associé à la survie sans maladie (p=0,003).

Une interaction significative a été mise en évidence entre la valeur prédictive de survie sans maladie associée à l’IS et la durée du traitement par FOLFOX (3 mois versus6 mois) chez les patients souffrant de cancer du côlon de stade III. Ainsi, ceux qui avaient le meilleur pronostic (IS intermédiaire ou élevé) avaient plus de bénéfice à être traités par FOLFOX durant 6 mois (HR 0,53 [0,37-0,75], p=0,0004). 

En revanche, les patients qui avaient un plus mauvais pronostic (IS faible) n’ont pas eu de bénéfice significatif à être traités durant 6 mois plutôt que 3 mois.

Limites

La durée médiane de suivi de 4,3 ans reste courte pour évaluer l’impact à long terme du traitement. Ces résultats doivent encore être validés par une cohorte indépendante externe.

Financements

Fonds publics et participation de HalioDx pour Immunoscore®.