Cancer des VADS : quelle prise en charge nutritionnelle avant le traitement ?


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Les cancers ORL présentent quelques spécificités (douleurs de la bouche et/ou gorge, altération de la cavité buccale, altération de la salive, du goût et parfois de l’odorat, altération de la mastication) qui peuvent avoir des répercussions sur la dénutrition. En décembre dernier, l’Afsos a publié un référentiel, proposant des outils d’évaluation et de prise en charge à chaque étape du parcours de soins allant du diagnostic au retour au domicile. Ce référentiel intitulé « Nutrition chez le patient adulte atteint de cancer » s’adresse à tous les professionnels qui interviennent dans le parcours de soins des patients souffrant de cancer ORL, en établissement de santé et à domicile. Focus sur le dépistage et la prise en charge de la dénutrition avant le traitement.

Combien de personnes concernées ?

Avant le traitement, la dénutrition concernerait 30 à 50% des patients atteints de cancer ORL et 44 à 88% des patients pendant ou après la radiothérapie. Le référentiel définit des critères de gravité : sujet de plus de 70 ans ; T3, T4 oropharyngé ou tumeur du cavum ; dysphagie ; odynophagie ; antécédents de pathologies digestives à risque (pancréatites, cirrhose, gastrectomie…) ; alcool non sevré ; isolement social ; PS : 2,3 ; tabagisme >20 cigarettes/jour.

Les experts de l’Afsos préconisent une surveillance nutritionnelle dès le début de la prise en charge chez tous les patients atteints d’un cancer des voies aéro-digestives supérieures (VADS), qu’ils soient dénutris, en poids stable ou en surcharge pondérale.

Quel est le profil de ces patients ?

Le patient dénutri en préopératoire répond aux critères suivants : IMC faible ; perte de poids ≥10% ; ou albuminémie

Hors contexte péri-opératoire, un IMC≤17 (ou

Quel est l’objectif de la prise en charge nutritionnelle ?

Elle vise avant tout à permettre le bon déroulement des traitements. L’amélioration d’un état de dénutrition, contribue à une meilleure qualité de vie des patients et à une meilleure réponse thérapeutique.

Comment dépister ?

Les experts de l’Afsos préconisent un interrogatoire avec des outils simples : la variation du poids (toute perte ≥5% signant une altération du pronostic) et/ou une valeur

Quelle conduite tenir ?

  • Chez un patient non dénutri, en plus d’une auto-surveillance de la part du patient :
    • Une EPA ≥7 et un poids stable conduisent à de simples conseils (maintien de l’alimentation et activité physique) pour conserver le poids stable et une pesée 1 fois/semaine seront suffisants.
    • Une EPA
  • Chez le patient dénutri :
    • Bien que l’EPA soit ≥7 et le poids stable, le patient doit bénéficier de conseils diététiques associés ou non à la prescription de CNO. La surveillance de ces sujets doit être programmée une fois par semaine (poids et EPA) en plus d’une auto-surveillance par le patient.
    • En cas d’EPA
  • Chez le patient avec dénutrition sévère ou des critères de gravité, avec une EPA

Les recommandations nutritionnelles intègrent des apports caloriques entre 25 et 30 kcal/kg/j en péri-opératoire et de 30-35 kcal/kg/j en oncologie médicale, avec un apport protéique de 1,2 à 1,5 g/kg/j. La recherche d’une carence au minimum en vitamine B1, B6 et si possible B9, K, A, D, E, en zinc, potassium, magnésium, phosphore doit être réalisée et une supplémentation proposée si besoin. Enfin, une bonne hydratation du patient doit être envisagée.