Cancer de la thyroïde : les mutations du promoteur TERT sont-elles une aide au diagnostic ?

  • Eur J Cancer

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Bien que leur valeur pronostique ne semble pas dépasser celle obtenue par l’histologie, les mutations du promoteur TERT pourraient bien être une aide utile au pronostic chez les patients souffrant de cancer de la thyroïde localisé sans histologie agressive. Cette étude prospective menée par une équipe lyonnaise montre que les mutations TERT sont fortement associées à des caractéristiques comme l’âge ≥45 ans à la chirurgie, des caractéristiques histologiques de tumeur agressive, un stade T4, la présence de métastases ou d’extensions extra-thyroïdiennes, ce qui est en accord avec les données de la littérature. Les mutations TERT ont été associées à un moins bon pronostic chez les patients sans métastases ou sans caractéristiques histologiques d’agressivité. Ainsi, les mutations TERT pourraient aider à identifier les patients nécessitant un traitement plus intensif ou un suivi plus serré.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

En dépit d’un pronostic global plutôt bon, environ 20% des carcinomes thyroïdiens récidivent et 5 à 10% évoluent vers des formes métastatiques. Des proportions qui augmentent chez les patients qui ont des carcinomes histologiquement agressifs. Le développement de thérapies ciblées est particulièrement intéressant dans ce contexte. Les mutations BRAF et RAS ont été les plus étudiées, d’où l’intérêt de ce focus sur les mutations TERT à travers une série prospective de sujets à carcinomes thyroïdiens intermédiaire ou à haut risque. 

Principaux résultats

Au total, 173 patients ont été inclus de manière consécutive dans cette étude (105 femmes, âge moyen 50,8 ans). Ils avaient tous un cancer différencié de la thyroïde (CTD, T3≥20 mm, T4 ou M1 selon la classification OMS de 2004), et étaient orientés vers un traitement par iode radioactif après thyroïdectomie. Ils ont été inclus entre 2010 et 2013 et suivis une fois par an durant 5 ans.

Parmi les patients inclus, 82% avaient un cancer papillaire ou folliculaire bien différencié et 18% un cancer peu différencié. La prévalence des mutations du promoteur de TERT était de 20,2% au sein de l’ensemble de la cohorte. Les mutations du promoteur TERT étaient significativement plus fréquentes chez les patients ≥45 ans au moment de la chirurgie (p=0,0005), lorsque la tumeur avait des caractéristiques histologiques agressives (p=0,020), ainsi que chez les sujets ayant un stade T4 (p=0,0015), une maladie métastasique (p=0,014) ou une extension extrathyroïdienne (p=0,002).

Chez les patients MO ou M1, les mutations TERT étaient significativement associées à un mauvais pronostic (p

Principales limitations

La faible durée du suivi et la faible mortalité ont pu influencer la survie globale des sujets avec mutation TERT.