Cancer de la prostate : que sait-on des sur-risques liés aux antécédents familiaux ?

  • Clin Genitourin Cancer

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

  • Des antécédents familiaux au premier degré de cancer de la prostate sont associés à une augmentation significative de 59% du risque de développer un cancer de la prostate par rapport à l’absence d’antécédents familiaux au premier degré.
  • Si la mortalité par cancer de la prostate n’est pas différente qu’il y ait ou non des antécédents familiaux au premier degré, elle l’est en revanche lorsque les sujets ayant des antécédents familiaux au premier degré ne bénéficient pas d’un dépistage.
  • Le nombre de cas familiaux de cancer de la prostate au premier degré augmente d’autant plus le risque de développer un cancer de la prostate, et la mortalité chez ceux qui ne bénéficient pas d’un dépistage.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Il est admis que les antécédents familiaux de cancer de la prostate constituent un facteur de risque de diagnostic de ce cancer chez un même individu. En revanche, le sur-risque de décès lié à ce cancer, en cas d’antécédents familiaux n’était pas clairement établi. La mise en évidence d’un sur-risque fatal en l’absence de dépistage est une donnée importante pour engager des mesures spécifiques chez les sujets ayant des antécédents familiaux au premier degré de cancer de la prostate.

Méthodologie

Les données sont issues de l’étude PLCO (Prostate, Lung, Colorectal, Ovary) ayant évalué différentes stratégies de dépistage de cancers chez des individus âgés de 55 à 74 ans.

Principaux résultats

Au total, 74.781 hommes ont été inclus dans les analyses. Parmi eux, 5.281 hommes avaient des antécédents familiaux au premier degré de cancer de la prostate, et 69.500 n'avaient pas cette spécificité. Au total, 16,5% des sujets ayant des antécédents familiaux au premier degré de cancer de la prostate ont reçu un diagnostic pour ce cancer, contre 10,5% parmi les autres sujets.

Après ajustement, les sujets ayant des antécédents familiaux au premier degré de cancer de la prostate présentaient une augmentation de 59% du risque de ce cancer (hazard ratio (HR) 1,590 [1,482-1,705], p

En revanche, les antécédents au premier degré de cancer de la prostate n’ont pas été associés à un sur-risque de mortalité liée au cancer de la prostate chez ceux qui ont bénéficié du dépistage, mais l’étaient chez ceux qui n'en avaient pas bénéficié (HR 1,894, p=0,012).

Par ailleurs, les sujets dont un parent au premier degré avait reçu un diagnostic de cancer de la prostate entre 40 et 65 ans avaient plus de risque de recevoir un diagnostic de cancer de la prostate que ceux dont le parent au premier degré avait été dépisté à 65 ans et plus. L’âge au diagnostic chez le parent au premier degré n’avait en revanche aucune incidence sur la mortalité de l’individu et ce, qu’il ait bénéficié ou non d’un dépistage.