Cancer de la prostate à un stade avancé : quand faut-il débuter la suppression androgénique ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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En cas de cancer de la prostate hormono-résistant   avancé, un traitement hormonal ayant pour objectif d’abaisser le taux d’hormones sexuelles masculines peut permettre de ralentir l’évolution du cancer. On réalise alors une suppression androgénique (AST) standard par castration chirurgicale ou médicale. Il reste à établir s’il vaut mieux débuter ce traitement de façon précoce, dès le diagnostic, ou de façon tardive, lorsque le cancer a pris de l'ampleur selon les résultats radiographiques ou de laboratoire ou quand les patients commencent à présenter des symptômes. Pour tenter de répondre à cette question, une revue Cochrane a été réalisée.

Cette revue a inclus 10 essais cliniques comparatifs et randomisés avec une comparaison directe entre l'AST standard précoce et l'AST standard différée.

D’après les résultats de cette revue, l’AST précoce par rapport à l’AST tardive semble :

  • Réduire le risque de décès toutes causes confondues au fil du temps (risque relatif [RR] de 0,82 ; IC95% : 0,75-0,90).
  • Réduire le risque de décès dû au cancer de la prostate au fil du temps (RR : 0,69 ; IC95% : 0,57-0,84).
  • Réduire le taux d'évènements squelettiques (RR : 0,37 ; IC95% : 0,17-0,80).
  • N’avoir que peu voire pas d'effet sur les événements indésirables graves (RR : 1,05 ; IC95 % : 0,95-1,16).
  • Accroître la fatigue (RR : 1,41 ; IC95 % : 1,23-1,62).
  • Augmenter le risque d'insuffisance cardiaque (RR : 1,90 ;  IC95 % : 1,09-3,33).

Concernant la qualité de vie globale (questionnaire QLQ-C30 [version 3.0]), elle est probablement semblable après deux ans.

En conclusion, l'AST précoce, par rapport à l’AST tardive, semble prolonger le délai avant le décès toutes causes confondues et avant le décès dû au cancer de la prostate et pourrait diminuer légèrement le taux d'évènements squelettiques. En revanche, elle semble ne pas apporter d’avantage sur les taux d'événements indésirables graves et sur la qualité de vie. De plus, elle pourrait accroître la fatigue et le risque d'insuffisance cardiaque.