Cancer de l’endomètre : le recours à la cœlioscopie robot-assistée pour les patientes obèses


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Il n’y aurait pas de différence entre les femmes obèses et non obèses en termes de durée opératoire de l’intervention chirurgicale et de complications, ou encore de durée de séjour suite à une intervention par cœlioscopie robot-assistée (CRA) pour cancer de l’endomètre. Ces résultats montrent que la CRA pourrait être une technique intéressante chez les patientes obèses notamment par un faible taux de laparoconversion, une durée de séjour courte et une faible morbidité postopératoire. Un essai français, multicentrique, prospectif et randomisé comparant la CRA et la cœlioscopie est en cours, et ses résultats viendront compléter ceux présentés ici.

Pourquoi est-ce intéressant ?

L’étude épidémiologique Obépi de 2016 indique que 25,3% des françaises sont en surpoids et 15,6% obèses1. Il existerait un sur-risque de cancer de l’endomètre deux à trois fois plus élevé chez les femmes obèses par rapport aux femmes de poids normal2.

L’obésité complique aussi la prise en charge chirurgicale et augmente le risque de complications postopératoires (thromboembolie, infection, troubles de la cicatrisation)2,3. La cœlioscopie s’impose peu à peu comme technique de référence, notamment en cancérologie, et la cœlioscopie robot-assistée est adoptée en gynécologie depuis l’approbation de cette technique par la FDA en 2005. Cette étude en comparant la CRA chez les femmes obèses et non obèses donne des informations intéressantes sur l’intérêt de cette technique dans une situation pouvant s'avérer compliquée.

Méthodologie

Étude rétrospective française comparant l’utilisation de la cœlioscopie robot-assistée chez des patientes obèses (IMC >30 kg/m2) et non obèses, opérées pour cancer de l’endomètre. L’étude avait pour but d’évaluer la CRA au début de l’acquisition du matériel par un centre. 

Principaux résultats

Chez les 77 patientes incluses dans les analyses, une proportion significativement plus importante de patientes présentait un diabète, des antécédents d’HTA, un score ASA élevé (évaluant l'état de santé pré-opératoire) dans le groupes des femmes obèses.

Aucune différence significative n’a été mise en évidence entre les femmes obèses et non obèses en ce qui concerne la médiane de la durée opératoire sur console (critère principal d’évaluation) qui était de 110 min [21-341] vs 107,5 [37-240], (p=0,60) ; la médiane de la durée opératoire totale qui était de 160 minutes pour les deux groupes (p=0,50) ; ou encore la médiane de durée du séjour qui était de 3 jours dans les deux groupes (p=0,92).

Du côté des effets indésirables, aucune différence n’a été observée entre les patientes obèses et non obèses. Sur l’ensemble de la cohorte, dix patientes ont présenté des complications peropératoires (13%, p=0,4), dont une patiente qui a eu une laparoconversion dans le groupe des femmes de poids normal.

Principales limitations

Étude monocentrique, rétrospective portant sur une petite cohorte.