Cancer de l’endomètre à risque intermédiaire : faut-il réaliser une lymphadénectomie ?

  • Int J Gynecol Cancer

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Au total, 108 patientes issues de 7 centres français, avec cancer de l’endomètre de risque intermédiaire (définit selon les critères de l’European Society of Medical Oncology/European, de la Society of Gynaecological Oncology, de l’European Society of Gynaecological Oncology, et de l’European Society of Radiotherapy and Oncology, 20161) ont été sélectionnées sur 1.235 évaluées. Sur l’ensemble de la cohorte : 

  • 75,9% ont subi une lymphadénectomie pelvienne ± para-aortique. Parmi ces patientes, 32,4% avaient une atteinte des ganglions lymphatiques.
  • Au cours du suivi médian de 25 mois, ni le taux de survie globale, ni le taux de survie sans récidive, n’était différent entre les femmes qui avaient ou non subi la lymphadénectomie. 

Ainsi, chez les femmes atteintes d’un cancer de l’endomètre à risque intermédiaire, la lymphadénectomie systématique ne semble pas améliorer la survie globale ou la survie sans récidive à 2 ans. En revanche, elle peut apporter des informations complémentaires pour adapter la thérapie adjuvante. Les auteurs de cet article précisent que l’exérèse du ganglion sentinelle pourrait constituer une alternative moins invasive pour ce profil de patientes. 

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Le cancer de l’endomètre est de nos jours le cancer gynécologique le plus fréquent dans les pays développés. En Europe, le traitement de référence consiste en une hystérectomie totale et une annexectomie bilatérale. La lymphadénectomie est recommandée pour les cancers endométriaux à haut risque.  Il est admis que cet acte ne diminue pas le risque de mortalité ou de récidive pour les femmes atteintes d’un cancer endométrial de faible risque, en revanche pour celles à risque intermédiaires les données sont moins probantes.

Méthodologie

Les données sont issues de la base de données FRANCOGYN (analyse rétrospective). Les femmes incluses avaient un cancer de l’endomètre de risque intermédiaire sur la base de critères pré- et post-opératoires (type 1, tumeurs grade 1-2 avec invasion myométriale >50%, sans invasion de l’espace lymphovasculaire). Elles avaient reçu un premier traitement chirurgical entre novembre 2002 et août 2013.

Résultats complémentaires

L’âge moyen de la cohorte était de 68,7 ans, l’IMC moyen de 30,5 kg/m2. Les femmes qui ont subi une lymphadénectomie avaient un IMC plus faible que les autres : 29,3 versus 34,1 kg/m2, p=0,008.

  • Le taux de survie globale était de 82,5% chez les patientes qui avaient bénéficié d'une lymphadénectomie versus 77,9% pour les autres (p=0,73).
  • Le taux de survie sans récidive était de 68,9% versus 68,8% respectivement pour celles qui avaient bénéficié d’une lymphadénectomie et les autres (p=0,67). 

Principales limitations

Étude limitée dans le temps et analyses de données rétrospectives.