Cancer colorectal : les jeunes seraient plus à risque ?

  • Russo AG & al.
  • Cancer Epidemiol
  • 1 juin 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Cette étude rétrospective menée à partir de données recueillies entre 1999 et 2015 montre que bien que le taux global de cancer colorectal (CCR) a diminué sur cette période, il aurait augmenté chez les adultes de moins de 50 ans (1,9 à 2,1/100.000). Ces résultats incitent à mener d’autres investigations pour mieux comprendre les facteurs de risque modifiables. Certaines données italiennes provenant d’autres sources suggèrent que le surpoids et l’obésité chez les moins de 50 ans pourraient favoriser ces changements de tendance. L’efficacité de l’extension du dépistage du CCR aux adultes de moins de 50 ans devrait également être mieux évaluée.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

De précédentes données issues d’études menées dans des pays non-européens avaient déjà suggéré ces tendances. Le fait que l'étude présentée ait été réalisée dans un pays proche de la France constitue un intérêt certain. Les données sont issues d’un registre de très haute qualité et sur une durée de 17 ans. À Milan, l’adhésion au dépistage du CCR n’a jamais dépassé les 40% entre 2005 et 2015, il semblerait que la diminution globale des cas de CCR serait en partie attribuable à une modification des facteurs de risque et notamment l’adoption d’habitudes de vie plus saines chez les jeunes nés dans les années 80 et plus tard. En parallèle d’autres données indiquent sur la base d’un échantillon représentatif de la population italienne une augmentation du surpoids et de l’obésité entre 1983 et 2008 et notamment chez les moins de 50 ans, ce qui pourrait contribuer à l’inversion des tendances.

Principaux résultats

Au total, 18.783 cas de cancer colorectal ont été enregistrés dans le Registre des Cancers de la municipalité de Milan entre 1999 et 2015, dont 14.658 cancers du côlon (45% situés dans la partie droite). Parmi les sujets ayant développé un cancer du côlon 50,8% étaient des hommes contre 54,4% pour le cancer du rectum.

Les analyses par tranches d’âges ont montré une diminution significative de l’incidence du CCR chez les 50-60 ans sur l’ensemble de la période (-3,0%), avec une tendance similaire pour le côlon et le rectum.

Chez les moins de 50 ans, l’incidence globale du CCR a augmenté de 1,9 à 2,1/100.000 (1,2 à 1,8/100.000 pour le côlon et 0,9 à 0,4/100.000 pour le rectum). Ces augmentations n’étaient cependant pas statistiquement significatives. Les courbes s’inversent à partir des sujets nés en 1979. Ainsi, le risque de CCR serait doublé pour ceux nés après 1987 par rapport à ceux nés en 1925, et cette tendance s’accentuerait au fil du temps, car ceux nés au-delà de 1993 auraient un risque sept fois plus élevé que ceux nés en 1979.

Les tendances pour le cancer du côlon seraient similaires chez les hommes et les femmes. Pour le rectum, les tendances sont similaires à celles du côlon pour l’homme, en revanche, pour la femme on note une réduction du risque dans les cohortes de naissance les plus récentes.

Principales limitations

Étude rétrospective et manque de données sur des facteurs favorisant le risque de cancer colorectal.