Cancer colorectal : inégalités européennes et internationales

  • Lancet Gastroenterol Hepatol
  • 1 déc. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Mieux connaître l’évolution de l’incidence du cancer colorectal à travers le monde permet de développer des programmes de prévention adéquats. Plusieurs constats peuvent être faits à partir des données d’une très large étude épidémiologique qui retrace l’évolution de son incidence et de sa mortalité entre 1990 et 2017 sur 195 pays à travers le monde. Cette publication nous permet également de prendre du recul sur les données françaises au sein de l’Europe de l’Ouest. Hormis quelques pays l’incidence du cancer colorectal a augmenté partout dans le monde entre 1990 et 2017. Le taux de mortalité, lui, a diminué dans certains pays et zones géographiques, notamment dans les pays socio-économiquement élevés comme l’Europe de l’Ouest. D’importantes disparités sont soulignées en termes d’incidence, d’évolution de celle-ci et de mortalité au sein des différents pays de l’Europe de l’Ouest. Globalement à travers le monde, ce cancer reste fortement lié aux modes alimentaires, à l’abus d’alcool et au tabagisme. 

Principaux résultats

Entre 1990 et 2017, l’incidence du cancer colorectal a augmenté de 9,5% à travers le monde. Ainsi, en 2017, il y aurait eu 1,8 million de cas incidents, soit 23,2/100.000 personnes-années. Ce cancer représenterait 19 millions de DALY (Disability Adjusted Life Years), c’est-à-dire le nombre d’années perdues pour cause de mortalité prématurée. La mortalité par cancer colorectal représente 896.000 cas (11,5/100.000 personnes-années). Celle-ci a diminué de 13,5% entre 1990 et 2017.

En 2017, l’incidence la plus élevée était constatée en Australasie (Australie et Nouvelle-Zélande), dans les pays à revenus élevés d’Asie du Pacifique et d’Amérique du Nord, et la plus faible en Afrique Sub-Saharienne. La mortalité était quant à elle plus élevée en Europe centrale et de l’Est, ainsi que dans le sud de l’Amérique latine, alors qu’elle est la plus faible en Asie, Afrique du Nord, Moyen-Orient, Amérique Latine centrale. 

L’incidence de ce cancer a particulièrement augmenté entre 1990 et 2017 en Asie de l’Est (+85%) et en Amérique latine (+64 à + 70%), alors que c’est dans les pays à haut niveau de revenu d’Amérique du Nord (-14,2%) et d’Australasie (-7,4%) qu’elle a le plus diminué. La mortalité, elle, a diminué le plus en Australasie (-34%), dans les pays à haut revenu d’Amérique du Nord (-30%) et en Europe de l’Ouest (-26%). À quelques exceptions près, l’incidence et la mortalité sont partout plus élevées chez l’homme que chez la femme.

Quid de l’Europe de l’Ouest ?

Selon ces données, l’incidence du cancer colorectal en France se situerait au-dessous de la moyenne européenne (33,0 versus 38,7/100.000 personnes-années) et aurait diminué de -3,7% sur la période 1990-2017, alors qu’elle aurait globalement augmenté de 3,8% en Europe de l’Ouest. Sur cette zone géographique, les disparités seraient fortes : les taux d’incidence de ce cancer, sont particulièrement élevés au  aux Pays-Bas, en Norvège et au Danemark (entre 45,6 et 50,9/100.000 personnes-années), et faibles en Grèce, en Israël, à Chypre, et en Suisse ; l’évolution de l’incidence sur la période est également très disparate durant la période évaluée (+60% au Danemark, en Grèce, et -22% en Autriche). L’Europe de l’Ouest fait partie des zones où la mortalité chez l’homme et chez la femme aurait le plus diminué.

En Europe de l’Ouest, la consommation d’alcool, l’alimentation, et le tabagisme seraient des facteurs importants dans le développement de ce cancer.