Cancer bronchique : quatre biomarqueurs pour orienter le dépistage

  • Guida F & al.
  • JAMA Oncol
  • 12 juil. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Le consortium INTEGRAL, qui regroupe notamment des chercheurs de l’IARC, a établi un test sanguin permettant d’améliorer l’éligibilité des fumeurs à un dépistage annuel du cancer bronchique par scanner. Le score de prédiction qu’ils ont développé, qui collige le statut de fumeur et la concentration sanguine de 4 biomarqueurs (CA125, ACE, CYFRA21-1 et Pro-SFTPB) présente une sensibilité de 0,63 et une spécificité de 0,95 concernant le risque de cancer à 1 an.

  • Ainsi, au sein de la cohorte de 62 patients utilisée pour valider le test, le score aurait permis d’orienter 40 d’entre eux vers une imagerie, contre 23 à partir des seuls critères USPSTF utilisés actuellement pour proposer un dépistage annuel aux Etats-Unis. Par ailleurs, il aurait permis de réduire le nombre de sujets sains orientés à tort vers l’imagerie de 15 à 5 parmi la cohorte de 90 personnes utilisée.

  • La qualité du score était réduite au-delà de 1 an, ce qui justifierait le maintien du dépistage annuel.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Le dépistage systématique du cancer bronchique chez les personnes à risque fait l’objet de controverses : aux Etats-Unis, il se fait pour l’heure sur des critères de l’USPSTF (55-80 ans, tabagisme actuel ou sevrage depuis moins de 15 ans, au moins 30 paquets-années) mais moins de la moitié des cas incidents de cancer bronchiques sont éligibles à la tomodensitométrie faible dose selon ces critères. Cette étude propose donc d’évaluer si un test biologique complémentaire permettrait d’affiner l’orientation des patients fumeurs vers le dépistage.

Méthodologie

  • L’étude a été conduite en deux temps : le score prédictif a été développé à partir d’une cohorte de 108 fumeurs, dont le diagnostic a été établi dans l’année suivant les prélèvements sanguins, et de 216 fumeurs sains appariés issus de la cohorte CARET. La phase de validation a été réalisée à partir des données de 63 fumeurs, dont le diagnostic a été établi dans l’année suivant les prélèvements sanguins, et de 90 sujets appariés issus des études EPIC et NSHDS.

  • Les quatre biomarqueurs utilisés étaient Pro-SFTPB, un précurseur de la protéine B du surfactant pulmonaire, l’antigène tumoral 125 (CA125), le fragment de cytokératine 19 (CYFRA 21-1) et l'antigène carcino-embryonnaire (ACE).

Principaux résultats

  • L’aire sous la courbe ROC est de 0,73 [0,64-0,82] pour la prédiction basée sur le seul critère du tabagisme et de 0,83 [0,76-0,90] pour le score combinant tabagisme et biomarqueurs (p=0,003).

  • Pour une spécificité de 0,83, basée sur les critères USPSTF, la sensibilité du modèle prédictif basé sur les biomarqueurs était de 0,63 contre 0,43 pour le seul critère du tabagisme. Pour une sensibilité de 0,42, basée sur les critères USPSTF, la spécificité du modèle était de 0,95 contre 0,86 pour le seul critère du tabagisme.

Principales limitations

Le score prédictif doit aujourd’hui être validé à partir d’une plus large cohorte.

Financement

L'étude a reçu plusieurs financements publics internationaux.