Cancer bronchique : NELSON conforte l’intérêt du dépistage par scanner faible dose

  • de Koning HJ & al.
  • N Engl J Med
  • 6 févr. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Dans une cohorte de 13.195 hommes à risque âgés de 50 à 74 ans ayant été répartis entre un groupe de dépistage régulier par scanner faible dose et un groupe contrôle, le rapport des taux d’incidence du cancer bronchique sur 10 ans est de 1,14 et le rapport des taux de mortalité cumulée est de 0,76 en faveur du dépistage (p significatifs).

  • Ces données issues de l’étude néerlandaise NELSON confortent celles d’études précédentes. Le risque de surdiagnostic est d’environ 10% des cas au maximum, soit une proportion plus faible que celle des vies sauvées. Des études coût-efficacité sont maintenant nécessaires pour apprécier dans quelle mesure cette approche pourrait être pertinente dans le cadre d’un dépistage organisé.

Depuis une dizaine d’années, un certain nombre d’études ont montré que le dépistage par scanner faible dose pouvait réduire la mortalité par cancer bronchique dans une population adulte à risque. Cependant, certaines études européennes (MILD, DLCST), plus petites, n’ont pas permis de confirmer ce résultat, favorisant les controverses sur le bénéfice réel de cette approche, pour laquelle la population cible doit être pertinemment définie.

Ayant recruté une cohorte de plusieurs milliers d’hommes et, dans un second temps, d’environ 2.500 femmes, suivis pendant plus de 10 ans, l’étude néerlandaise NELSON figure parmi les études européennes dont les résultats étaient attendus. 

NELSON versus NLST : une moindre fréquence du dépistage

Dans cette étude, 13.195 hommes et 2.594 femmes de 50-74 ans et à risque de cancer bronchique ont été randomisés entre un groupe contrôle et un groupe dans lequel le dépistage du cancer bronchique était mené régulièrement au cours des 10 années de suivi. Alors que l’étude NLST avait mené un dépistage annuel sur 3 ans, NELSON prévoyait une imagerie à 1, 3 et 5,5 ans après l’inclusion.

Des diagnostics plus précoces se traduisant par une moindre mortalité

Au total, dans cette cohorte (âge moyen 58 ans, tabagisme médian 38,0 paquets-années, 55% de fumeurs actuels), 344 et 304 tumeurs ont été respectivement identifiées dans les groupes dépistage et contrôle au cours du suivi et le nombre cumulé de décès associés était de 156 et de 206 cas respectivement.

Ainsi, l’incidence cumulée du cancer bronchique sur 10 ans était respectivement de 5,58 cas et de 4,91 cas pour 1.000 personnes-années dans les groupes dépistage régulier ou contrôle, respectivement, soit un rapport des taux de 1,14 [0,97-1,33]. Dans le groupe dépistage régulier, les cancers étaient plus souvent identifiés au cours des dépistages programmés qu’au cours de l’intervalle entre deux dépistages et ils étaient plus souvent au stade tumoral IA ou IB par rapport à ceux du groupe contrôle.

La mortalité cumulée associée était de 2,50 et de 3,30 décès pour 1.000 personnes-années dans les groupes dépistage et contrôle respectivement, soit un rapport des taux de 0,76 [0,61-0,94], p=0,01). Ce chiffre était stable quelle que soit la durée de suivi considérée.

L’analyse menée dans un sous-groupe de femmes montre un bénéfice encore supérieur avec un rapport des taux de mortalité de 0,67 [0,38-1,14] à 10 ans.