Burn out : des signes cliniques ET des facteurs de risque professionnels


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Actuellement, le « burn-out », ou syndrome d'épuisement professionnel, n'est pas considéré comme une maladie, mais comme un syndrome faisant partie de la vaste constellation des « souffrances psychiques causées ou aggravées par le travail ». Elles sont loin d'être anecdotiques, puisqu'elles représentent le deuxième groupe des affections d'origine professionnelle décrites dans la population salariée française. En cause, des organisations du travail qui sollicitent de plus en plus les ressources individuelles. Dans la recommandation qu'elle vient de publier sur le sujet, la HAS prend soin de préciser qu'elle exclut l'action sur le milieu professionnel, mais que celle-ci n'en est pas moins indispensable.

Le burn-out est difficile à définir et à repérer. Pour ce faire, il faut associer des manifestations cliniques et des facteurs de risque professionnels.

Les premières n'ont rien de spécifique et s'installent souvent insidieusement : troubles émotionnels (anxiété, tristesse, irritabilité, etc), cognitifs (pertes de mémoire, d'attention, de concentration, etc), comportementaux et relationnels (repli sur soi, aggressivité, neutralité affective, etc.), motivationnels (désengagement, doutes sur les valeurs du travail, sur ses compétences, etc.), physiques (asthénie, troubles du sommeil, etc.). Il faut chercher une pathologie sous-jacente éventuelle, psychique (dépression, en prenant garde au risque suicidaire, etc.) ou somatique.

Pour faire le lien avec les conditions de travail, il faut d'abord interroger le patient, qui n'en parle pas toujours volontiers. Ensuite, parce qu'il est quasiment impossible à un médecin traitant de connaître les diverses situations professionnelles, il faut prendre contact avec le médecin du travail, si le patient en est d'accord (c'est un point important).

Les deux praticiens pourront s'appuyer utilement sur les six catégories de risques psychosociaux dégagées par le rapport Gollac (2011), élaboré par des personnalités qui font autorité en la matière : intensité et organisation du travail (surcharge, imprécision des missions, etc.), exigences émotionnelles, autonomie et marge de manœuvre, relations dans le travail (conflits, soutiens, qualité du management, etc.), conflits de valeurs (par exemple, qualité du travail et impératif gestionnaire), insécurité de l'emploi.

La coordination de la prise en charge est assurée par le médecin généraliste. La prescription d'un arrêt de travail est indispensable la plupart du temps. Un traitement médicamenteux ne sera utile que s'il est ciblé sur une pathologie précise (par exemple, antidépresseur). Une intervention psychothérapeutique ou psychocorporelle peut être utile. Elle est réalisée par un spécialiste. Le médecin du travail procèdera à une analyse du poste de travail. Il sera particulièrement sollicité lors de la reprise du travail.

Pour finir, il faut noter que les professionnels de santé sont particulièrement exposés au burn-out, qui a d'abord été décrit chez eux (et chez le personnel éducatif). En cas de difficulté, ils peuvent s'adresser à l'association d'aide aux professionnels de santé et médecins libéraux (0826 004 580).