Bronchiolite du nourrisson : vers un score prédictif de l’intensification des soins

  • Freire G & al.
  • Pediatrics
  • 20 août 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • L’analyse des données internationales rétrospectives recueillies auprès de 2.722 enfants de moins de 12 mois souffrant de bronchiolite aiguë et accueillis en service d’urgence a permis de déterminer un score permettant de prédire la nécessité d’une intensification des soins (canule nasale haut débit, ventilation, admission en soins intensifs) à partir 7 critères cliniques  : âge ≤ ou 90%, apnée (oui ou non), existence ou non de battement des ailes du nez et/ou grognements à la respiration, rétraction pulmonaire ou non, déshydratation ou non. Le score de risque clinique bâti sur l'occurrence ou non de ces items, et coté de 0 à 14 points, est associé à une aire sous courbe de 84,7%. Au total, 0,46% des enfants ayant un score de 0 ont bénéficié d’une intensification thérapeutique. À l’inverse, 100% des enfants ayant un score de 13 ou 14 en ont bénéficié. Ce score doit aujourd’hui être validé par une étude prospective.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée?

  • Beaucoup d’études ont été menées afin de prédire les risques d’hospitalisation, de séjour prolongé en hôpital ou de sortie précoce parmi des cohortes de nourrissons souffrant de bronchiolite aiguë. Celles concernant le recours à un soutien de la respiration sont en général de moindre envergure, ou se sont intéressées à un seul type de prise en charge.

  • Cette étude initiée par le Pediatrics Emergency Research Networks (PERN), regroupant 6 réseaux d’urgences pédiatriques (PERC, PEM-CRC, PECARN, PREDICT, PERUKI, REPEM) visait à établir un moyen pour les services d’urgence d’identifier précocement les nourrissons présentant un risque accru d’intensification des soins.

Méthodologie

  • L’étude repose sur l’analyse secondaire pré-planifiée des données issues d’une cohorte rétrospective internationale regroupant 38 services d’urgences répartis en Amérique du Nord, Europe, Australie et Nouvelle-Zélande. Chacun d’eux a inclus tous les enfants de moins de 12 mois se présentant dans le service pour une bronchiolite aiguë entre janvier et décembre 2013. Les données cliniques ont été collectées ainsi que le parcours de soins afin d’établir un score prédictif à partir des critères cliniques suivants : âge, sexe, prématurité, mauvaise alimentation, ancienneté des symptômes, fréquence respiratoire, saturation en oxygène

Principaux résultats

  • On disposait des données complètes pour 2.722 des 3.725 enfants éligibles. Parmi eux, 261 (9,6%) ont nécessité des soins intensifiés, dont 63% par canule nasale haut débit, 18% par ventilation non invasive, 5% par ventilation mécanique et 15% une admission en soins intensifs sans assistance respiratoire.

  • Plusieurs paramètres cliniques sont apparus prédictifs du recours à une intensification des soins : saturation en oxygène grognements à la respiration (3,8 [2,6-5,4]), apnée (3,0 [1,9-4,8]), rétractions (3,0 [1,6-5,7]), âge ≤ 2 mois (2,1 [1,5-3,0]), déshydratation (2,1 [1,4-3,3]) et mauvaise alimentation (1,9 [1,3-2,7]).

  • Au total, un seul enfant sur 217 (0,46%) sans aucun facteur a bénéficié de soins intensifiés. À l’inverse, ceux présentant les sept facteurs ou au moins 6 ont tous bénéficié de ce type de prise en charge (n=16).

  • L'aire sous la courbe associée au score, coté de 0 à 14 points, était de 84,7% [81,7 -86,8%]. La validation par ré-échantillonnage a permis d’établir une aire sous courbe corrigée de 84,2% [80,3-88,2].

Principales limitations

Tous les enfants éligibles n’ont pu être inclus dans l’étude du fait de données incomplètes. Par ailleurs, les résultats montrent une certaine hétérogénéité régionale sur le taux de recours aux méthodes de soutien de la respiration.