Brodalumab : données de phase 3 dans le rhumatisme psoriasique

  • Mease PJ & al.
  • Ann Rheum Dis
  • 26 oct. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Selon les données des études AMVISION-1 et AMVISION-2 de phase 3, le brodalumab permet d’améliorer les manifestations articulaires et cutanées du rhumatisme psoriasique, de façon plus rapide et plus élevée que le placebo. Le profil de sécurité de la molécule était globalement satisfaisant.

Le brodalumab est un inhibiteur du récepteur A de l’IL17. Déjà indiqué dans le traitement du psoriasis, il a fait l’objet d’études de phase 2 concluantes dans la prise en charge du rhumatisme psoriasique (RP). Les résultats des études de phase 3 AMVISION-1 et AMVISION-2 viennent d’être compilés dans un article paru dans Annals of Rheumatologic Diseases .

Méthodologie

Les patients recrutés devaient être adultes, avoir un diagnostic de RP depuis plus de 6 mois, avec au moins 3 articulations douloureuses et au moins 3 articulations gonflées, et une atteinte cutanée active. Ils devaient avoir une intolérance ou une réponse insuffisante aux AINS et/ou aux traitements de fond, qui étaient autorisés sous condition. Par ailleurs, les patients recrutés dans AMVISION-1 devaient avoir au moins une érosion au niveau des mains ou des pieds et une CRP≥1,0 mg/dL. Dans les deux études, la randomisation (1:1:1) a réparti les patients entre brodalumab SC 140 mg, 210 mg ou un placebo avec une administration à J11, aux semaines 1 et 2 puis toutes les deux semaines jusqu'à S24. Au total, 70% des patients des deux cohortes étaient naïfs de tout traitement biologique.

Principaux résultats

Les deux études ont rassemblé 962 patients (âge moyen 48 ans, 50 % de femmes) dont les données ont été poolées et analysées. Parmi eux, environ deux tiers avaient au moins 3% de leur surface corporelle touchée, et le nombre moyen d'articulations enflées et douloureuses était de 12 et 21 respectivement. Par ailleurs, ils étaient 50 % et 67 % respectivement à présenter une dactylite ou une enthésite.

Les taux de patients ayant une réponse ACR20 (critère principal d’évaluation) étaient de 45,8% et 47,9% pour le brodalumab 140mg et 210mg contre 20,9% sous placebo à S16 (p e ou la 4 e semaine (posologie faible ou élevée) que celle sous placebo, l’ACR70 étant aussi significativement supérieure dans les deux groupes expérimentaux, par rapport au groupe de référence.

Les patients ayant une enthésite ou une dactylite étaient aussi plus nombreux à répondre à l’Ac anti-IL17A qu’au placebo, le taux de réponse étant supérieur dans le groupe ayant reçu la plus forte posologie.

Enfin, les atteintes cutanées répondaient également plus souvent au traitement qu’au placebo, avec un PASI 75, 90 ou 100 supérieur dans les deux groupes traités par brodalumab, a fortiori dans le bras ayant reçu 210 mg.

En termes de sécurité et de tolérance, la fréquence des évènements secondaires était comparable dans les trois groupes (54,4% sous placebo, 51,6 et 54,5 % dans les groupes brodalumab), la plupart étant légers à modérés. Les évènements les plus fréquents étaient les infections (28,4% sous placebo vs 23,6-29,9% sous brodalumab). Un seul comportement ou idéation suicidaire a été rapporté au cours de l’étude, dans le groupe brodalumab 140 mg.

Financement

Cette étude a été sponsorisée par LEO Pharma.