Brexit : quelles conséquences sur les soins ?


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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La date fatidique approche maintenant à grands pas. Le 30 mars 2019, le Royaume-Uni ne sera plus membre de l’Union européenne, sauf le cas improbable d’un report de sortie ou d’un aménagement d’une période de transition. Les enjeux en termes de santé sont importants. Comme l’expliquait en début d’année le Président du LEEM (Les entreprises du médicament), Philippe Tcheng : « 5.000 salariés européens sont employés au Royaume-Uni dans l’industrie pharmaceutique ; le Royaume-Uni « pèse » à lui seul plus de 16 % des programmes européens de recherche ; il est surtout notre 4ème partenaire commercial s’agissant de l’export et le 7ème pour l’import. »

L’Agence européenne du médicament (EMA – European medicines agency ) se prépare depuis plusieurs mois à l’échéance, d’autant que son siège était basé à Londres. C’est Amsterdam qui accueillera ses 900 employés d’ici la fin de l’année. Mais il est probable que nombre d’entre eux préfèreront rester en Grande-Bretagne. De plus, les nouveaux locaux ne seront pas prêts avant la fin de l’année, d’où l’allongement des délais pour de nombreuses procédures en cours.

La crainte majeure des autorités de santé des pays membres porte sur la disponibilité des 108 médicaments fabriqués exclusivement au Royaume-Uni, dont chaque mois, 45 millions de boîtes passent la Manche. D’autant que le problème ne se limite pas à la seule production industrielle. En effet, la réglementation européenne impose que certaines activités liées à la commercialisation des produits de santé ne puissent être réalisées que dans un pays membre de l’Union. De plus, chaque année, ce sont 20 à 30% des médicaments nouvellement mis sur le marché européen qui sont d’abord autorisés au Royaume-Uni par l’Agence britannique des médicaments et des produits de santé (MHRA – Medicines and Healthcare products Regulatory Agency ).

L’EMA a mis à la disposition des industriels un certain nombre de brochures d’information pour expliciter les démarches à suivre afin d’éviter des ruptures de stocks et permettre le bon déroulement des procédures en cours d’autorisation de mise sur le marché (AMM). En octobre 2018, l’approvisionnement de 19 produits restait problématique. L’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) a récemment rappelé aux « titulaires d’AMM » leur « responsabilité à procéder aux changements nécessaires » et leur devoir « d’assurer un approvisionnement approprié et continu du marché national . »

Enfin, le Ministère des solidarités et de la santé a publié un document à destination des patients français résidant au Royaume-Uni ou projetant d’y séjourner sur les règles de couverture d’assurance maladie qui leur seront appliquées selon qu’il y aura ou non un accord de sortie (voir références).