BPCO : vers une corticothérapie guidée par les éosinophiles

  • Sivapalan P & al.
  • Lancet Respir Med
  • 17 mai 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

Le taux sanguin d’éosinophiles permet de guider la corticothérapie des patients présentant une exacerbation de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) en offrant un pronostic à court terme comparable à celui offert par le traitement standard de 5 jours, selon l’étude CORTICO-COP parue dans The Lancet Respiratory Medicine .

Dans cet essai, les patients du groupe expérimental avaient une probabilité de sortir de l’hôpital comparable à celle offerte par le traitement standard, tout en étant exposés à une moindre exposition cumulée de corticoïdes.

Si le seuil de 300 cellules/µL peut être discuté, et que l’étude a exclus les sujets les plus sévères (intubation), limitant la généralisation de ses résultats, CORTICO-COP est utile à la réflexion sur la diminution de l’exposition aux corticoïdes systémiques.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

Du fait de leurs effets systémiques, il est nécessaire d’éviter autant que possible les prescriptions inutiles de corticoïdes. La BPCO est une pathologie hétérogène dans laquelle la corticothérapie peut s’avérer nécessaire, mais peut sans doute être limitée en suivant une approche plus individualisée.

Méthodologie

Cette étude multicentrique, contrôlée, menée en ouvert, a été menée auprès de patients admis pour plus de 24h à l’hôpital pour exacerbation de BPCO (VEMS/CVF 0,70). Ils ne devaient pas nécessiter de ventilation invasive ou d’admission en unités de soins intensifs.

Les patients recevaient tous la corticothérapie systémique à J1 (80 mg méthylprednisone IV). Ils étaient randomisés pour recevoir la corticothérapie systémique (37,5 mg/j per os ) soit chaque jour entre J2 et J5 (groupe standard), soit selon le taux d’éosinophiles sanguins, les corticoïdes n’étant pas administrés en cas de taux 9 cellules/L.

Principaux résultats

  • Au total, 159 patients ont été répartis dans chacun des deux groupes de l’étude (âge moyen 75 ans, 55% de femmes, 99% d’antécédents de tabagisme, 45 à 48 paquets-années). Les bêta-2 agonistes de longue durée d’action, les anticholinergiques de longue durée d’action et les corticoïdes inhalés étaient prescrits chez 79 et 80%, 74 et 82% et 50 et 60% des patients du groupe standard et expérimental, respectivement.

  • Après 14 jours, il n’y avait pas de différence entre les patients du groupe expérimental et ceux du groupe standard en termes de nombre de jours vivants passés hors hôpital : 8,9 vs 9,3 jours, soit une différence moyenne de -0,4 ([-1,3 à 0,5], p=0,34).

  • Le risque d’échec thérapeutique était le même à 30 jours : le nombre de réadmissions était de 24,5% et de 17,0% dans les groupes expérimental et standard, soit une différence non significative de 7,5% ([-1,3 à 16,4], p=0,10). Celui des décès était respectivement de 6% et 4% (différence -1,9% [-2,8 à 6,5], p=0,43). L’exposition aux corticoïdes avait été de 2 jours contre 5 jours en moyenne dans chacun des deux groupes respectivement.

  • Parallèlement, le suivi à 90 jours n’a pas mis en évidence de différence en termes de survenues d’infections nécessitant une antibiothérapie, de dyspepsie, d’ulcère ou de nouveau traitement par inhibiteur de la pompe à protons.

Limitations

L’étude a été menée en ouvert. Par ailleurs, si le taux de réadmission n’était pas statistiquement différent, il est possible que la puissance de l’étude n’ait pas été suffisante.