BPCO : une prise en charge perfectible en médecine générale

  • Meeraus W & al.
  • Int J Chron Obstruct Pulmon Dis
  • 1 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon l’analyse d’une base de données regroupant l’activité d’un panel de médecins généralistes français, la prise en charge thérapeutique de la BPCO pourrait être perfectible. En effet, parmi une première cohorte des patients initiant un premier traitement de BPCO, très peu maintenaient la prescription initiale dans les 18 mois suivants, les arrêts définitifs durant cette période concernant la moitié de la cohorte. Parmi une seconde cohorte rassemblant des sujets déjà traités ayant évolué vers une trithérapie CSI-LABA-LAMA (corticostéroïdes inhalés – bêta-2 agoniste longue durée d’action - anticholinergiques longue durée d’action), les arrêts définitifs dans les 18 mois suivants concernaient moins de 10% d’entre eux, la plupart passant à une mono- ou une bithérapie.
  • L’ensemble du travail publié dans l’ International Journal of COPD semble illustrer à la fois la complexité de prise en charge de la BPCO mais également la maîtrise peut-être incomplète des recommandations officielles par les médecins généralistes. Il montre d’ailleurs que certaines variables comme l’âge ou les comorbidités influencent certaines des prescriptions. Malgré les limites de cette étude (cf ci-dessous), un renforcement de l’information/diffusion des recommandations spécifiques seraient sans doute utiles.

Conception de l’étude

  • L’analyse rétrospective a été menée à partir de la base de données IQVIA qui rassemble les données médicales recueillies en routine auprès d’un panel de généralistes français, regroupant les données d’environ 1,8 millions de patients entre 2006 et 2015.
  • Deux cohortes de patients BPCO de 40 ans et plus ont été constituées à partir des données 2008–2013 : la cohorte 1 regroupant des patients initiant un traitement de la BPCO (sans prescription spécifique dans les 18 mois précédant la date index), et la cohorte 2 regroupant des patients recevant déjà un traitement de la BPCO et évoluant vers une trithérapie à la date index. L’analyse des prescriptions a été menée sur les 18 mois suivant la date index.

Résultats

  • La cohorte 1 rassemblait 5.065 patients : à la date index, 43,4% avaient initié un traitement CSI-LABA et 29,5% un LAMA seul. Les trithérapies CSI-LABA-LAMA concernaient 8,2% des patients. Durant les 18 mois ayant suivi, la nature de la prescription était inchangée pour seulement 7,0% de la cohorte, et concernait majoritairement les sujets initialement traités par LABA-LAMA (15,4%). Les patients arrêtant définitivement le traitement représentaient 46,5% de la cohorte, après une période moyenne de 9,5 semaines de traitement ; les groupes les moins concernés par cette interruption étaient les sujets sous LABA-LAMA avec ou sans CSI (27,5 et 23,6% respectivement). Au total, 28,5% des sujets ont interrompu temporairement le traitement ( 90 jours puis reprise au cours des 18 mois): il s’agissait principalement des sujets initialement traités par LABA-LAMA (35,8%). Enfin, 2,8 % ont bénéficié d’une intensification de traitement et 15,2% ont switché vers un autre traitement (dont 37,0% sous CSI -LAMA et 27,5% sous CSI- LABA-LAMA) .
  • La cohorte 2 rassemblait 501 patients : le traitement reçu avant la date index était majoritairement CSI- LABA (53,1%) ou LAMA seul (33,5%). Les autres stratégies envisageables représentaient moins de 10% de la cohorte chacune. Dans les 18 mois ayant suivi la date index à laquelle la trithérapie était initiée, 18,2% ont maintenu ce traitement tandis que 7,2% l’ont arrêté définitivement, après un délai moyen de 20,3 semaines. Les interruptions temporaires et les switchs avaient concerné respectivement 27,9% et 46,7% de cette cohorte.
  • Des analyses complémentaires ont déterminé des facteurs différenciants (sociodémographiques, comorbidités) ayant potentiellement favorisé l’évolution du traitement pour les différentes stratégies thérapeutiques existantes à l’inclusion.

Principales limitations

La base de données ne prenait pas en compte les potentiels suivis et prescriptions issus de spécialistes et ne permettait pas de connaître les données de spirométrie.

Financement

L’étude a été financée par GSK.