BPCO: quel est le potentiel de la dénervation pulmonaire ciblée ?

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

  • Les données de suivi à 1 an des patients BPCO ayant été traités initialement par une procédure leurre, puis par la dénervation pulmonaire ciblée après 1 an confirme l’intérêt de l’approche pour réduire le risque d’exacerbations modérées et sévères.
  • L’étude de phase 3 AIRFLOW-3 qui a inclus davantage de patients est en cours.

Pourquoi est-ce important ?

Dans la BPCO, des patients dits exacerbateurs ont une trajectoire particulièrement délétère quant à la qualité de vie, l’évolution de la fonction pulmonaire et le risque de mortalité. Or, la maladie est notamment caractérisée par une activation élevée du système parasympathique au niveau pulmonaire. Aussi l’idée de la dénervation pulmonaire ciblée (DPC) dans la BPCO est étudiée depuis plusieurs décennies. La procédure consiste en une thermoablation bilatérale de nerfs parasympathiques au niveau des troncs pulmonaires souches, réalisée par radiofréquence sous bronchoscopie. L’étude multicentrique AIRFLOW-2, menée en double aveugle versus procédure leurre chez des patients BPCO symptomatiques qui avaient un VEMS compris entre 30 et 60% de la valeur prédite, avait montré que la DPC permet de ralentir le déclin de la fonction pulmonaire. Ceux du bras leurre ayant la possibilité de passer dans le groupe DPC après 12 mois, l’idée de cette publication était d’évaluer s’ils pouvaient aussi bénéficier d’une réduction des événements respiratoires.

Méthodologie

AIRFLOW-2 était une étude multicentrique menée en double aveugle qui avait recruté des patients de 40-75 ans atteints de BPCO modérée à sévère symptomatique. Ils avaient été randomisés versus une procédure leurre et le traitement médical était optimisé selon les recommandations et maintenu durant toute la période d’évaluation. À 12 mois, les patients BPCO du groupe leurre avaient pu bénéficier de l’approche, et avaient été suivis.

Principaux résultats

Au total, 20 patients ont choisi de bénéficier de la DPC et ont été suivis durant 12 mois (âge moyen 64,1 ans, 50% de femmes).

Parmi eux, la proportion de patients ayant eu une exacerbation modérée à sévère nécessitant un traitement antibiotique ou corticoïde systémique, avec ou sans hospitalisation, est passée de 75 % à 50 % et celle des patients ayant eu une exacerbation sévère est passée, elle, de 25 à 10%. La plupart des évolutions étaient favorables avec la procédure DPC, mais les effectifs recrutés n’ont pas permis d’obtenir des différences statistiquement significatives.

Les auteurs notent que 16 à 30 mois se sont écoulés entre le début de l’étude et la réalisation de la procédure, et que ceux qui n’avaient pas eu recours à la DPC avaient continué à avoir des exacerbations tandis que ceux ayant bénéficié de la DPC dès l’initiation continuaient à avoir des taux faibles d’exacerbations sévères à 2 ans.

Financement

L'étude a été sponsorisée par Nuvaira.