BPCO : peut-on arrêter les corticoïdes brutalement ?

  • Chapman KR & al.
  • Am J Respir Crit Care Med
  • 1 août 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • L’arrêt direct des corticoïdes inhalés (CSI) est-il comparable à un arrêt progressif, en chez les sujets BPCO sous trithérapie CSI-LABA-LAMA (bêta-2 agonistes de longue durée d’action / anticholinergiques de longue durée d’action) ? L’étude SUNSET échoue à montrer la non-infériorité de l’arrêt brutal sur le critère principal (diminution du VEMS) mais n’est pas associé à une augmentation de la fréquence des exacerbations à 6 mois (critère secondaire). La diminution du VEMS observée (26 mL) était significative à la quatrième semaine et restait ensuite stable. Sa signification clinique est incertaine.

  • Face à ces résultats et aux analyses en sous-groupes qui ont été menées parallèlement, les auteurs avancent qu’une personnalisation du traitement peut être envisagée chez les sujets souffrant de BPCO au stade modéré à sévère : ceux ayant présenté peu d’exacerbations sous trithérapie et présentant une faible éosinophilie (

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Une proportion significative de patients BPCO est traitée par trithérapie (CSI-LABA-LAMA) malgré une faible fréquence d’exacerbations. Le maintien des CSI à long terme expose pourtant à des risques de complications. L’enjeu est aujourd’hui de déterminer les profils de patients qui pourraient arrêter ce traitement sans risque ainsi que les modalités de cet arrêt. L’étude WISDOM avait montré que le pronostic des patients BPCO sévères ou très sévères était similaire après un arrêt progressif des CSI par rapport à ceux restés sous trithérapie. L’étude SUNSET visait à évaluer le même critère après un arrêt d’emblée des CSI.

Méthodologie

SUNSET est une étude randomisée en double aveugle ayant recruté des patients de 40 ans ou plus, présentant une BPCO stable (VEMS 40-80% valeur théorique, VEMS/CVF

Principaux résultats

  • Au total, 1.053 patients ont été recrutés et 828 ont terminé l’étude (65,3 ans en moyenne, 70,6% d’hommes, VEMS post-dilatation 1,6L, 56% de la valeur prédite). Parmi eux, 34,1% avaient présenté au moins une exacerbation dans l’année précédente.

  • Le critère principal de non-infériorité de la bithérapie sur la trithérapie en termes de modification de la VEMS par rapport à l’inclusion n’était pas vérifié : la différence entre le groupe trithérapie et le groupe bithérapie était de -26 mL à 26 semaines [-53 à 1 mL] (marge de non-infériorité fixée à -50 mL pour la borne inférieure de l’intervalle de confiance).

  • Les taux annualisés d’exacerbation de la BPCO (critère secondaire) étaient identiques dans les deux bras, qu’il s’agisse des épisodes modérés à sévères (0,52 vs 0,48, soit un rapport des taux de 1,08 [0,83-1,40]) ou de l’ensemble des épisodes (4,11 vs 3,86, rapport des taux 1,07 [0,93-,22]). Aucune différence n’a été observée concernant la durée du délai avant la première exacerbation modérée à sévère.

  • Le risque d’exacerbation après arrêt brutal était supérieur dans le sous-groupe des patients présentant un taux >300/µL d’éosinophiles, par rapport à ceux ayant suivi un arrêt progressif (rapport des taux 1,86 [1,06-3,29]). Il était similaire pour les patients avec un taux inférieur.

  • L’incidence des évènements indésirables totaux ou graves était identique dans les deux bras de l’étude.

Principales limitations

Même si le recrutement a été opéré sur les 18 mois, il n’est pas exclu que la durée de suivi ait pu être insuffisante pour apprécier les variations saisonnières des exacerbations.

Financement

L'étude a été financée par Novartis.