BPCO : Pas de bénéfice du benralizumab chez les patients ayant une éosinophilie élevée

  • Criner GJ & al.
  • N Engl J Med
  • 20 mai 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

Selon les études GALATHEA et TERRANOVA, les patients souffrant de BPCO modérée à sévère associée à une éosinophilie ≥220/mm 3 et pris en charge par une bi- ou une trithérapie ne tirent pas de bénéfice d’un traitement par benralizumab (Ac anti-IL5) : en effet, ce médicament, déjà indiqué dans l’asthme sévère à éosinophiles, ne réduit pas statistiquement le taux annualisé d’exacerbations par rapport au placebo, quelle que soit la posologie évaluée, alors que le taux d’éosinophiles est globalement diminué au cours de l’étude. Les auteurs suggèrent que des travaux soient conduits pour mieux caractériser le profil clinique des sujets BPCO qui pourraient bénéficier du traitement.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

Dans une étude de phase 2, le benralizumab était associé à une différence non significative du taux d’exacerbations dans le seul sous-groupe des sujets ayant un taux d’éosinophiles ≥200/mm 3 . Il était intéressant d’évaluer ce bénéfice dans une étude qui soit plus spécifique à ces derniers.

Méthodologie

  • GALATHEA et TERRANOVA sont deux études de phase 3 ayant inclus des patients de 40 à 85 ans, souffrant de BPCO modérée à sévère pris en charge par une bi- ou une trithérapie avec un taux d’éosinophiles ≥220/mm 3 pour les deux tiers d’entre eux. Ils devaient avoir présenté des antécédents personnels d’exacerbations (dont au moins deux ayant nécessité un traitement par corticoïdes et/ou antibiotique, ou au moins une ayant nécessité une hospitalisation dans les 12 mois précédant l’inclusion).
  • Ces sujets ont été randomisés entre un groupe placebo et trois groupes traitement par benralizumab SC toutes les 4 semaines (trois 1 e injections) puis toutes les 8 semaines à la posologie de 10 mg (dans TERRANOVA), 30 mg ou 100 mg (dans les 2 études). Le traitement a été poursuivi durant 56 semaines et le suivi était maintenu 4 semaines supplémentaires.

Principaux résultats

  • Au total, 1.656 et 2.254 sujets ont été inclus dans les études GALATHEA et TERRANOVA, dont 1.120 et 1.545 avec une éosinophilie ≥220/mm3. Les caractéristiques de ces différents groupes étaient globalement comparables en termes sociodémographiques (65 ans, 69-72% d’hommes dans GALATHEA, 64-68% dans TERRANOVA, IMC 26,5 à 27,8 kg/m² selon les groupes) ou cliniques (sévérité BPCO de grade 3-4 pour 93% d’entre eux, avec 69,6% et 58,6% des patients GALATHEA et TERRANOVA sous trithérapie avec corticoïdes inhalés).

  • Dans l’étude GALATHEA, le taux d’exacerbations annualisés était de 1,19/an [1,04 -1,36], 1,03/an [0,90-1,19] et 1,24/an [1,08 -1,42] dans les groupes benralizumab 30, 100 mg et placebo, soit un rapport des taux de 0,96 (p=0,65) et 0,83 (p=0,05) respectivement pour les posologies 30 et 100 mg vs placebo.

  • Dans TERRANOVA, le taux d’exacerbation annualisé étaient de 0,99 [0,87 -1,13], 1,21 [1,08-1,37] et 1,09 [0,96-1,23] pour les groupes benralizumab 10, 30 et 100 mg contre 1,17 sous placebo [1,04-1,32], soit des rapports de taux non statistiquement significatifs.

  • Le profil de tolérance était comparable dans les groupes traitements par rapport aux groupes placebo.