BPCO : modifier la répartition de ses activités quotidiennes peut améliorer symptômes et qualité de vie

  • Lewthwaite H & al.
  • PLoS ONE
  • 1 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Les symptômes et la qualité de vie associés à la BPCO peut être significativement modifiés en modulant la répartition des activités quotidiennes (sédentarité, sommeil, activité physique légère ou plus intense selon la consommation énergétique associée aux activités déclarées). L’étude australienne à l’origine de ce résultat a consisté en une modélisation construite à partir des données déclarées par les patients afin d’évaluer comment accroître ou réduire l’un de ces 4 types d’activités au détriment ou au profit d’un des trois autres pouvait avoir une influence bénéfique ou délétère. Ainsi, augmenter l’importance des activités physiques modérées à intenses était associé à des changements favorables. De même, augmenter la durée du sommeil apportait un bénéfice.

Contexte de l’étude

On sait que les sujets BPCO sont globalement moins actifs que la population générale, et que les sujets les plus sévèrement atteints sont plus sédentaires que les autres. Si le bénéfice de l’activité physique peut améliorer la santé, une évaluation précise de l’activité sur 24 heures peut apporter des données plus fidèles sur la façon dont la répartition des activités de vie quotidienne peut modifier les symptômes et la qualité de vie associés à la maladie

Méthodologie

L’étude a été conduite à partir de l’analyse secondaire des données issues de deux cohortes pré-existantes : un essai randomisé pragmatique et une cohorte de patients BPCO suivis habituellement. Au total, 95 patients présentant une BPCO modérée ou sévère ont été considérés. Ils avaient tous bénéficié d’une évaluation à l’inclusion puis à 4 mois. L’évaluation avait notamment consisté dans le remplissage d’un agenda des activités via un questionnaire multimédia spécifique ( Multimedia Activity Recall for Children and Adults ) permettant de retracer le type, la nature et la durée des activités quotidiennes sur les 48 heures précédentes (précision par intervalles de 5 minutes). D’autres questionnaires permettaient parallèlement d’évaluer l’essoufflement ( Multidimensional Dyspnea Profile MDP ), les symptômes anxieux et dépressifs ( Hospital Anxiety and Depression Scale HADS ) et la qualité de vie associée à la maladie ( Chronic Respiratory Disease Questionnaire- Self Administered CRQ-SAS , comportant 4 domaines : dyspnée, émotions, fatigue, contrôle de la maladie).

Principaux résultats

  • Les 95 patients étaient des hommes pour 63% d’entre eux, avaient un âge moyen de 75,5 ans et présentaient un VEMS moyen de 49,6% de la valeur prédite.
  • La comparaison de la répartition des activités à l’inclusion et à 4 mois avec les scores des différents questionnaires a permis d’établir que des modifications apportées dans la répartition des activités quotidiennes étaient associées à une évolution de l’anxiété et du contrôle de la maladie.
  • La ré-allocation par modélisation de temps passé dans un type d’activité vers un autre ou d’un domaine à un autre permettait de constater différentes tendances : ainsi, augmenter le temps passer en activité d’intensité modérée à intense ou le temps passé à dormir (allocation à partir des trois autres types) permettait de réduire l’anxiété, la dépression, la fatigue ou le contrôle de la maladie par le patient, ainsi que l’essoufflement concernant le second.
  • L’allocation d’un type d’activité au temps passé à prendre soin de soi (toilette, repas) passé dans des transports passifs ou à travailler/étudier était aussi associée à des tendances défavorables concernant la qualité de vie et les symptômes.

Principales limitations

Effectif limité de l’étude.