BPCO : la trithérapie marque des points

  • Ferguson GT & al.
  • Lancet Respir Med
  • 19 oct. 2018

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon l’essai randomisé de phase 3 KRONOS, la trithérapie budésonide/glycopyrrolate/fumarate de formotérol apporte une amélioration cliniquement significative de la fonction pulmonaire (VEMS) par rapport à l’association budésonide/fumarate de formotérol en aérosol doseur (AD) ou en inhalateur de poudre sèche (IPS) chez des sujets atteints de BPCO modérée à très sévère. L’amélioration obtenue par rapport à la bithérapie glycopyrrolate/fumarate de formotérol (AD)est cependant plus modeste. Enfin, la fréquence des exacerbations semble nettement diminuée sous trithérapie par comparaison à l’association bêta-2 agoniste à longue durée d’action (BALA)/ antagoniste muscarinique à longue durée d’action (LAMA). L’ajout d’un corticoïde inhalé pourrait donc constituer une option possible chez les patients souffrant de BPCO modérée à sévère restant symptomatiques malgré au moins deux traitements de fond, et ce quelle que soit la fréquence des exacerbations. 

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Les corticoïdes sont fréquemment utilisés chez les patients souffrant de BPCO, mais leur association en trithérapie est actuellement une option réservée aux patients à haut risque d’exacerbation ou qui continuent à avoir des symptômes ou des exacerbations sous BALA et LAMA (1). Les bénéfices d’une trithérapie à dose fixe associant un corticoïde inhalé (CI), un BALA et un LAMA au regard des bithérapies BALA/LAMA ou CI/BALA dans cette population, ont été encore peu explorés. L’association budésonide/glucopyrrolate/fumarate de formotérol en cours de développement par les laboratoires AstraZeneca est envisagée comme traitement de fond de la BPCO dans les formes modérées à très sévères et vient d’être comparée à trois bithérapies.

Conception de l’étude

Cet essai randomisé multicentrique international de phase 3, réalisé en double aveugle, a recruté des sujets atteints de BPCO. Les patients devaient être âgés de 40 à 80 ans, être ancien fumeur ou fumeur actuel et présenter une BPCO modérée à très sévère (VEMS post-dose

Résultats

  • Entre août 2015 et janvier 2018, 1.902 sujets ont été randomisés : 640 dans le groupe BGF-AD, 627 dans le groupe GF-AD, 316 dans le groupe BF-AD et 319 dans le groupe BF-IPS. Le taux d’exacerbations modérées à sévères s’est montré significativement plus bas sous trithérapie que sous GF-AD. Mais les autres comparaisons n’ont pas montré pas de différences significatives.
  • Sur les 24 semaines de traitement, la trithérapie par aérosol doseur a amélioré de façon significative l’aire sous la courbe du VEMS de 0 à 4h (ASC0-4hdu VEMS), avec une différences de 104 mL [IC95% : 77-131] (p
  • Une amélioration du VEMS pré-dose mesuré lors du creux du matin a également été observée au cours des 24 semaines sous trithérapie par rapport à l’association GF-AD (22 mL [IC95% : 4-39], p=0,0139) et BF-AD (74 mL [IC95% : 52 à 95], p
  • Cette différence se maintenait avec le temps puisqu’à la semaine 24, l’ASC0-4hdu VEMS des patients sous trithérapie était significativement améliorée par rapport à ceux recevant du BF-AD (116 mL [IC95% : 80-152], p
  • Les effets indésirables les plus fréquents étaient les rhinopharyngites et les infections respiratoires hautes.

Limitation

La durée de suivi était inférieure à celle utilisée dans les autres essais de phase 3 ayant évalué les trithérapies à dose fixe (24 vs 52 semaines).

Financement

Travaux financés et pilotés par le groupe AstraZeneca.