BPCO : la mesure rapide de CRP réduit le recours aux antibiotiques sans sur-risque

  • Butler CC & al.
  • N Engl J Med
  • 11 juil. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Face à des signes cliniques d’exacerbation de BPCO, utiliser la mesure rapide de CRP en ambulatoire permet de réduire la fréquence de l’antibiothérapie lors de la consultation et au cours des 4 semaines suivantes, sans effet délétère (recours aux soins, diagnostic de pneumonie…).

Une démarche à implémenter dans les pratiques ?

Les exacerbations de BPCO ne sont pas toutes liées à une infection bactérienne, mais les moyens de les identifier restent limités. Actuellement, la décision de prescrire une antibiothérapie est prise en présence d’au moins 2 critères cliniques prédéfinis (augmentation de la dyspnée, du volume et de la purulence des expectorations). Si la mesure de la CRP a été décrite comme pertinente pour décider ou non de l’intérêt d’une antibiothérapie dans différentes situations cliniques, elle a été peu étudiée dans le contexte de la BPCO. Cette étude soutient l’idée de l’utilisation de la mesure rapide de CPR en routine clinique.

Conception de l’étude et principaux résultats

  • Cette étude randomisée menée en ouvert a inclus 633 patients présentant des signes cliniques d’exacerbations qui ont été randomisés entre une décision thérapeutique fondée sur les critères habituels et une décision prise sur le résultat des mesures rapides de CRP : il était indiqué aux praticiens que les antibiotiques étaient peu susceptibles, potentiellement susceptibles ou susceptibles d'être bénéfiques pour des valeurs respectivement à 40 mg/L.
  • La prescription d'antibiotiques était moins fréquente dans le groupe CRP que dans le groupe contrôle durant les 4 semaines suivant la consultation (57,0% vs 77,4%, soit un odds ratio ajusté de 0,31 [0,20-0,47]) avec un score de qualité de vie ( Clinical COPD questionnaire ) à 4 semaines non inférieur entre les deux groupes.
  • Au total, 158 et 234 prescriptions d'antibiotiques ont été faites à l’inclusion dans les groupes CRP et contrôle respectivement. Dans le groupe CRP, les prescriptions ont été faites pour 32,8% des patients présentant une valeur 40 mg/L.
  • Aucune différence n’a été observée concernant les traitements de la BPCO, le recours aux soins primaires, à un spécialiste hospitalier, la fréquence du diagnostic de pneumonie ou la présence de pathogènes dans les expectorations à 4 semaines.

Référence

Cette étude a été financée par des fonds publics britanniques.