BPCO : grave, fréquente et ignorée


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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L’enquête Baromètre Santé 2017, réalisée par téléphone, a inclus un échantillon de 6.347 personnes âgées de 18 à 75 ans et interrogées sur la BPCO au moyen de deux questions : « Avez vous déjà entendu parler d’une maladie appelée BPCO ou bronchopneumopathie chronique obstructive ? si oui, quelle est selon vous la principale cause de cette maladie ? » Les personnes ayant déjà entendu parler de la BPCO et ayant cité spontanément le tabac comme étant son principal facteur de risque étaient considérées comme connaissant la maladie.

Alors qu’il s’agit d’une pathologie qui touche environ 10% des adultes d’âge moyen et qui est grave (environ 120.000 hospitalisations annuelles pour exacerbation), seul un cinquième (22,1%) des sujets déclaraient en avoir entendu parler. Parmi eux, près des trois quarts (73,4%) pensaient en connaître la principale cause, 32,3% citant le tabac (soit 7,1% du total de l’échantillon), 19,3% la pollution de l’air et 13,6% les infections respiratoires. Les autres causes invoquées étaient disparates (mauvais temps, manque d’activité physique, allergie, origine génétique, etc.). La probabilité de connaître la BPCO était plus élevée chez les femmes, les personnes de catégorie socioprofessionnelle supérieure ou intermédiaire et chez les fumeurs. Elle augmentait avec l’âge et le niveau de diplôme.

Les auteurs rappellent que d’autres enquêtes ont montré que les termes de bronchite chronique et d’emphysème sont beaucoup mieux connus. Ils ne sont cependant pas équivalents à celui de BPCO, qui indique une obstruction bronchique permanente, associée à des symptômes respiratoires chroniques et diagnostiquée par mesure de la fonction respiratoire. La bronchite chronique, qui peut être la première manifestation d’une BPCO, a une définition purement clinique (toux et expectorations chroniques). Son absence n’exclut pas la présence d’une BPCO. Quant à l’emphysème, il peut exister sans BPCO et la BPCO sans emphysème.

Les auteurs rappellent également que le sous-diagnostic de BPCO est très élevé, supérieur à 70% des malades, et que le diagnostic est souvent très tardif, porté à un stade avancé de la maladie. En effet les premiers symptômes sont souvent banalisés par les fumeurs comme par les médecins. De plus, l’évolution étant lente, les patients adaptent progressivement leurs activités sans prendre conscience de leur maladie.

Une des mesures essentielles de prévention est la réalisation d’une spirométrie chez les personnes symptomatiques (bronchite chronique ou dyspnée) ayant une exposition cumulée au tabac d’au moins 10 paquets-années. L’Assurance maladie réalise actuellement une expérimentation avec des médecins généralistes basée sur une mesure de la fonction respiratoire faite par eux. La spirométrie est en effet délicate à réaliser, la place des généralistes étant de ce fait débattue (réalisation ou orientation vers un pneumologue ?).