Bouger pendant la grossesse n’influence pas la durée du travail

  • Dr Catherine Faber

  • JIM Actualités médicales
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Au cours des grossesses non compliquées, l'activité physique n'a pas d'effet négatif sur la mère ni sur le fœtus. L'idée selon laquelle certaines sportives enceintes (athlètes, gymnastes, cavalières) peuvent avoir des difficultés lors du travail du fait de la force de leurs muscles pelviens est un mythe. Cet état musculaire pourrait même être bénéfique. Pour connaître l'influence d'une activité physique régulière pendant la grossesse sur la durée du travail, une équipe suédoise a recruté 855 femmes enceintes dans le cadre d'une étude randomisée bicentrique. Plus de la moitié d'entre elles étaient des nullipares (58 % et 56 % dans les deux groupes de l'étude) et 92 % de celles qui avaient déjà eu une grossesse avaient accouché par voie basse.

Un programme d'exercices standardisé d'une durée de 12 semaines a été proposé à 427 participantes, les autres servant de contrôles. Réalisé entre 20 et 36 semaines de grossesse, il comportait 30-35 minutes d'exercices aérobiques à faible impact, 20-25 minutes d'exercices de musculation y compris des muscles du plancher pelvien ainsi que 5-10 minutes d'étirements. Les femmes devaient aussi réaliser des exercices à domicile au moins deux fois par semaine, à raison de 30 minutes d'activité aérobique et 15 minute de musculation et d'exercices d'équilibre.

Premier élément auquel se sont intéressé les auteurs: le diabète gestationnel a une prévalence comparable dans les deux groupes. Pas de différence significative non plus en ce qui concerne la prise de poids, le poids ou l'indice de masse corporelle. Les résultats révèlent également une similitude de la durée moyenne du travail et de celle de sa phase active : respectivement 289 minutes dans le groupe intervention versus 281 minutes dans le groupe contrôle et 32 versus 29 minutes.

Une analyse d'un sous-groupe, prévue dans la méthodologie de l'étude, a été réalisée chez des nullipares avec une grossesse unique, un fœtus en position céphalique et un début de travail spontané après 37 semaines. Elle retrouve une durée plus courte de la phase active du travail chez les femmes du groupe intervention (hazard ratio 1,34 ; intervalle de confiance 95 % : 1,02-1,77 ; p = 0,04).

En conclusion, cette étude montre que la pratique régulière d'exercices physiques durant la grossesse n'a pas d'influence sur la durée du travail et de sa phase active. Ses auteurs font remarquer que la taille de cette étude est plus important que celle des études incluses dans une revue Cochrane de 2010, laquelle concluait que les données étaient insuffisantes pour statuer quant à l'effet nocif ou bénéfique de l'activité physique chez les femmes enceintes.