Bonne santé des complémentaires santé !


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Chaque année, la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) publie un rapport sur « la situation financière des organismes complémentaires assurant une couverture santé ». Rappelons brièvement que ceux-ci sont constitués des mutuelles (à but non lucratif et appartenant à leurs assurés), des institutions de prévoyance (dont le conseil d’administration comporte à parts égales représentants des salariés et des employeurs) et sociétés d’assurance (comprenant mutuelles d’assurance, à but non lucratif, et compagnies d’assurance, à but lucratif). Et reprenons les principales conclusions de ce rapport, dont les données portent sur 2018.

1) Le nombre d’organismes complémentaires santé a diminué. C’est une tendance qui se maintient.

Depuis 2011, le nombre de mutuelles a été divisé par cinq (actuellement, 326) et celui des institutions de prévoyance par deux (actuellement 26). Celui des sociétés d’assurances a peu baissé (actuellement 103).

Les vingt plus grands organismes se partageaient un peu plus de la moitié du marché en matière de cotisations collectées. Depuis 2011, ils ont gagné 8 points de parts de marché. Mais, souligne le rapport, « de nombreuses mutuelles de petite taille subsistent. »

La santé représentait 85% de l’activité des mutuelles, 50% de celle des institutions de prévoyance et 6% de celle des sociétés d’assurance.

2) Les contrats collectifs ont gagné 3,6 points de parts de marché depuis la généralisation de la complémentaire santé d’entreprise (en 2016).

Ils représentaient 48% des cotisations collectées en santé contre 44% en 2015. Mais cette généralisation renforce une tendance antérieure à 2016 : ils représentaient 41% des cotisations collectées en 2011. Les contrats individuels ont augmenté de seulement 0,4%.

Les mutuelles ont collecté 51% des cotisations santé : elles sont restées prédominantes, malgré la diminution de leurs parts de marché depuis 2011 au profit des sociétés d’assurances.

3) Les prestations santé (versées aux assurés) ont augmenté plus rapidement en 2018 que les années précédentes, grâce à l’augmentation des prestations en collectif.

La part des complémentaires dans la consommation totale de soins et biens médicaux a augmenté en 2018 (elle s’établit à 13,4%). Elle a surtout porté sur les soins d’optique (les complémentaires financent 74,2% du total) et dentaires (42,2% du total). Ces données devraient évoluer en 2020 avec la réforme du « 100% santé ».

4) Les quatre cinquièmes (79%) des cotisations (hors taxe de solidarité additionnelle, finançant le Fonds CMU) ont été reversées en prestations.

Les contrats collectifs avaient un meilleur retour sur cotisations (85%) que les contrats individuels (73%). Le meilleur retour était celui des institutions de prévoyance (85%), devant les mutuelles (79%) et les sociétés d’assurance (75%).

Les charges de gestion ont représenté 20% des cotisations hors taxe, plus faibles en collectif (18%) qu’en individuel (22%). Elles étaient les plus faibles pour les institutions de prévoyance (16%), devant les mutuelles (20%), où ces frais étaient surtout liés à la gestion courante des contrats et au coût des systèmes d’information, et devant les sociétés d’assurance (22%). Chez celles-ci, ils étaient surtout liés aux charges de publicité, marketing et rémunérations des intermédiaires.

5) L’assurance santé a été globalement excédentaire, comme en 2017.

Les excédents ont représenté 1,2% des cotisations collectées (hors taxe).

Cependant les institutions de prévoyance sont restées en déficit, même si celui-ci a poursuivi sa tendance à la diminution.

Cette différence est certainement due au fait que les contrats collectifs ont été en déficit (3,4%) alors que les contrats individuels étaient en excédent (5,3%).

En conclusion, les organismes complémentaires santé sont financièrement solides. En particulier, leurs fonds propres sont largement opérationnels et de bonne qualité.