Bithérapie antiplaquettaire post-ICP : quelle durée préconiser ?

  • Yin SH & al.
  • BMJ
  • 28 juin 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Chez les patients venant de bénéficier d’une intervention coronarienne percutanée (ICP), et par rapport à une bithérapie antiplaquettaire de 6 mois ou moins :

  • Une bithérapie de longue durée (>12 mois) est associée à une augmentation du risque de saignements majeurs et de mortalité non cardiovasculaire.
  • Une bithérapie de durée standard (12 mois) est associée à une augmentation du risque de saignement.
  • Une bithérapie antiplaquettaire de 6 mois ou moins avec le clopidogrel pourrait convenir à la plupart des patients.

En quoi ces résultats sont utiles pour votre pratique ?

La bithérapie antiplaquettaire à base d’aspirine et d’inhibiteur des récepteurs du P2Y12 est devenue la base du traitement post-ICP. Chez les patients recevant un stent actif, un traitement antiplaquettaire de longue durée est associée à un risque de saignements et un traitement de courte durée à un risque d’ischémie. Ces résultats suggèrent qu’une bithérapie antiplaquettaire courte pourrait convenir à la majorité des patients, en tenant compte cependant du risque de saignements et d’ischémie lié au patient.

Principaux résultats

Au total 17 études ont été incluses (n=46.864 personnes). 

  • Chez les patients venant de subir une ICP avec pose de stent, et par rapport à une bithérapie antiplaquettaire de 6 mois ou moins, une bithérapie de plus de 12 mois est associée à une diminution du risque de thrombose sur stent mais à une augmentation de 78% du risque de saignements majeurs ; et à un risque de mortalité d’origine non cardiaque également augmenté (+63%). 
  • Des analyses complémentaires ont montré que ces risques étaient particulièrement augmentés au-delà de 18 mois de traitement.
  • Une bithérapie antiplaquettaire de durée standard (12 mois) était associée à une augmentation de 39% du risque de saignements quel qu’il soit.
  • Chez les sujets ayant reçu un stent de nouvelle génération, des analyses en sous-groupes ont montré une augmentation de la mortalité toutes causes chez ceux qui avaient une bithérapie à long terme (>12 mois) par rapport à une bithérapie courte (

Principales limitations

Ces résultats pourraient différer de ceux obtenus avec un autre inhibiteur du P2Y12 comme le prasugrel ou le ticagrélor.