Bithérapie anti-thrombotique versus trithérapie …

  • Vranckx P & al.
  • Lancet
  • 2 sept. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

À 12 mois, une bithérapie anti-thrombotique à base d’edoxaban-inhibiteur P2Y12 s’est révélée non-inférieure à une trithérapie à base d’AVK-inhibiteur P2Y12-aspirine, sur la survenue de saignements majeurs ou non-majeurs mais cliniquement pertinents, chez des patients en post-intervention coronarienne percutanée (ICP) et souffrant de fibrillation atriale. Par ailleurs, les deux stratégies thérapeutiques se sont révélées similaires en termes d’efficacité jugée par un critère composite (décès d’origine cardiovasculaire, AVC, événement embolique systémique, thrombose de stent).

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Il s’agit de la première étude qui évalue une bithérapie anti-thrombotique basée sur l’edoxaban versus une trithérapie anti-thrombotique basée sur un AVK chez des patients post-ICP et souffrant de fibrillation atriale.

Méthodologie

L’étude ENTRUST-AF PCI est une étude randomisée, multicentrique, internationale, menée en ouvert. Il s’agit d’une étude de non-infériorité ayant inclus des patients adultes, en post-ICP pour coronaropathie stable ou syndrome coronarien aigu. Ces sujets souffraient de fibrillation atriale, nécessitant le recours à un traitement anticoagulant par voie orale (ACO). Ils ont été randomisés (1:1) dans les 4-5 jours après l’ICP entre un groupe recevant une bithérapie anti-thrombotique (edoxaban  à raison de 60 mg, une fois par jour - inhibiteur P2Y12 durant 12 mois) ou une trithérapie antithrombotique (antagoniste de la vitamine K - inhibiteur de P2Y12  - aspirine à raison de 100 mg, une fois par jour durant 1 à 12 mois).

La dose d’edoxaban était ajustée à 30 mg/j en présence de l’un ou plusieurs des facteurs suivants : clairance à la créatinine 15-50 mL/min, poids ≤60 kg, prise concomitante d’un inhibiteur de la glycoprotéine P. 

Principaux résultats

Au total, 1.506 patients post-ICP et souffrant de fibrillation atriale ont été inclus (751 dans le groupe edoxaban et 755 dans le groupe AVK). Parmi eux, 52% ont bénéficié d’une ICP pour cause de syndrome coronarien aigu. L’âge médian était de 70 ans et 26% des sujets étaient des femmes. Le score CHA2DS-VASc médian était de 4,0 et le score HAS-BLED médian de 3,0. Sur l’ensemble de la population suivie, 30% avaient déjà utilisé des AVK et 24% des ACO. Dans le groupe traité par edoxaban, 20% ont commencé le traitement à la dose de 30 mg. La durée médiane de la trithérapie était de 66 jours et le temps médian dans l’INR cible (2,0-3,0) de 63,1%. Le délai médian entre l’ICP et la randomisation était de 45,1h.

Les saignements majeurs ou non majeurs mais cliniquement pertinents (critère composite principal d’évaluation) ont été identifiés chez 17% des patients sous edoxaban et 20% des patients sous AVK, soit un taux annualisé d’événements respectif de 20,7% et 25,6%. À 12 mois, l’association edoxaban-inhibiteur P2Y12 s’est donc révélée non-inférieure à l’association  AVK-inhibiteur P2Y12, hazard ratio 0,83 [0,65-1,05], p=0,0010 (marge de non-infériorité fixée à 1,20). En revanche, l’association edoxaban-inhibiteur P2Y12 ne s’est pas montrée supérieure à l’association AVK-inhibiteur P2Y12.

À 12 mois, le critère composite principal d’évaluation (décès d’origine cardiovasculaire, AVC, événement embolique systémique, IDM, thrombose de stent) n’était pas significativement différent entre les deux groupes (7% sous edoxaban et 6% sous AVK). 

Financements

Étude financée par Daiichi Sankyo.