Biopsie liquide : un intérêt en cancérologie ?


  • Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Un article publié dans le Bulletin de l’Académie nationale de médecine tente de répondre à la question de la place de la biopsie liquide en cancérologie. Vient-elle en complément de la biopsie tissulaire ou pourrait-on la considérer comme une alternative ?

Qu’entend-on par biopsie liquide ?

Cette technique vise à rechercher dans un liquide biologique (sang, LCR, urines…) des cellules ou éléments cellulaires utiles au diagnostic d’une pathologie. En cancérologie, cette biopsie liquide s’intéresse à caractériser la présence de cellules circulantes, de microvésicules (exosomes) ou d’acides nucléiques (ADN, ARNm, miARN) circulants. 

Avantages et inconvénients de la biopsie liquide ?

La biopsie liquide présente l’intérêt d’être peu invasive, rapide et de pouvoir être réalisée à faible coût. 

  • Les cellules tumorales circulantes proviennent du site primaire tumoral ou métastatique. Cette technique permet donc d’identifier les différents clones tumoraux et leur capacité à induire des foyers métastatiques. Elle constitue une aide utile à l’évaluation des mutations dans le temps permettant ainsi une adaptation ciblée du traitement. Il existe plusieurs techniques de détection et d’isolement des cellules tumorales circulantes, qui peuvent être complémentaires à certains stades de la maladie. Aujourd’hui, la seule méthode standardisée de détection de cellules tumorales circulantes approuvée par la Food and Drug Administration(FDA) est la « Cell Search » qui est un outil d’aide au pronostic du cancer du sein, de la prostate et du côlon. Cette méthode est utilisée dans les essais multicentriques uniquement, mais elle présente une faible sensibilité. Un taux élevé de cellules tumorales circulantes est un indicateur péjoratif d’évolution de la maladie. 
  • Les taux d’ADN circulants augmentent dans certaines situations comme les traumatismes, l’inflammation, l’infarctus, les maladies auto-immunes et les cancers. Dans un contexte de cancer, la concentration, la caractérisation et l’étude des ADN et ARN des cellules tumorales circulantes apportent des informations sur « la structure de la tumeur, le degré d’invasion, la susceptibilité aux anticancéreux, la résistance aux traitements. » Le séquençage permet la recherche de mutations, de modifications épigénétiques. Les avancées technologiques permettent aujourd’hui de déceler les ADN circulants dans 50% des cancers à un stade précoce et 100% à un stade métastatique. Un test est notamment utilisé pour détecter la présence de certaines mutations notamment dans le cancer du poumon, du côlon, ainsi que les cancers gastro-intestinaux, pour mieux cibler les traitements.
  • Les exosomes - microvésicules de dégradation de certains composants cellulaires - proviennent de l’endosome cellulaire. Bien que ces éléments semblent intéressants comme biomarqueurs pour mieux caractériser les cancers, les études à leur sujet méritent cependant d’être poursuivies car les résultats sont encore controversés.

Ainsi, si la biopsie liquide est prometteuse, mais la facilitation de son utilisation nécessite encore de nombreuses évaluations.