Biofeedback à domicile : une alternative efficace dans la constipation fonctionnelle

  • Rao SSC & al.
  • Lancet Gastroenterol Hepatol
  • 17 sept. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une étude randomisée ouverte de non-infériorité, trois mois de séances de biofeedback réalisées à domicile offrent une amélioration de la constipation chronique terminale par dyssynergie anorectale qui serait non inférieure (nombre d’exonérations spontanée, test d’expulsion du ballonnet, satisfaction) à celle offerte par la même approche réalisée au cabinet médical. Cette méthode serait également moins onéreuse, permettant de suggérer sa diffusion plus large auprès de la population cible.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La constipation terminale résulte souvent d’une dyssynergie anorectale, lors de laquelle la contraction de l’anus s’oppose à l’expulsion des selles lors de l’exonération. Le biofeedback a été décrit comme particulièrement efficace sur cette forme de constipation chronique terminale. Sa mise en œuvre est cependant limitée par la disponibilité de professionnels spécialisés et par le suivi des séances dans le temps. La mise à disposition d’une approche de biofeedback réalisable à domicile permettrait sans doute une plus large généralisation et observance de la rééducation.

Méthodologie

L’étude a été menée auprès d’une population d’adultes (18-80 ans) présentant une constipation fonctionnelle avec dyssynergie anorectale et adressés dans un centre spécialisé américain. Ils ont été randomisés (1:1) entre un protocole de rééducation par biofeedback délivré en centre (1h tous les 15 jours) ou réalisé à domicile (20 min 2 fois/j après une séance de formation à domicile) durant 3 mois. Tous avaient également reçu des instructions formalisées sur l’hygiène de vie, les tentatives d’exonération à réaliser durant l’étude, les modalités autorisant le recours aux manœuvres digitales et aux laxatifs, ainsi que la tenue d’un agenda des exonérations.

Principaux résultats

  • Au total, 100 patients ont été randomisés entre les deux groupes, dont 83 ont terminé le protocole, les autres ayant été majoritairement perdus de vue. Les groupes domicile et centre comportaient respectivement 100% et 92% de femmes, de 35 et 42 ans d’âge moyen respectivement. Le nombre moyen de selles par semaine était de 5,06 et 5,71.

  • Tous les critères d’évaluation primaires définis (dyssynergie anorectale à la défécation, nombre d’exonérations spontanées par semaine, test d’expulsion du ballonnet, satisfaction du patient) étaient significativement améliorés dans les deux groupes par rapport aux mesures réalisées à l’inclusion.

  • En intention de traiter, l’approche au domicile était associée à des résultats non inférieurs à ceux du groupe ayant bénéficié de l’approche en centre sur les données suivantes : nombre moyen d’exonérations spontanées, test d’expulsion du ballonnet, satisfaction des patients. L’analyse per protocole a également montré que les mesures de dyssynergie étaient comparables entre les deux groupes. Par ailleurs, 92% des utilisateurs du biofeedback à domicile ont indiqué qu’ils recommanderaient cette technique.

  • En termes de coût (direct et indirect) médian, le traitement en centre était évalué à 1.942,50 dollars, contre 1.081,70 dollars pour la rééducation au domicile (p=0,009).

Principales limitations

L’étude a été menée en ouvert et le nombre de participants était faible.

Financement

L’étude a été financée par le NIH américain.