Bilans de santé : au mieux inutiles


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Dans certains pays, un bilan de santé fait partie des services médicaux proposés à la population, dans le but de dépister certaines maladies. Cette initiative est critiquée, les inconvénients pouvant être supérieurs aux avantages attendus. En effet, la plupart des tests de dépistage individuels couramment utilisés dans le cadre des bilans de santé généraux n'ont pas fait l'objet d'étude exhaustive. En outre, le dépistage conduit à une utilisation accrue d'interventions diagnostiques et thérapeutiques, qui peuvent tout autant être nocives que bénéfiques.

Pour en avoir le cœur net, une équipe danoise a conduit une méta-analyse sur 15 essais randomisés, publiés jusqu’au 31 janvier 2018, portant au total sur 251.891 adultes non diagnostiqués comme malades ou à risque de maladie et comparant une offre de bilans de santé à une absence de bilan. Ce travail actualise une précédente méta-analyse de la revue Cochrane datant de 2012.

D’après leur travail, les bilans de santé n’ont que peu ou pas d’effet sur la mortalité totale (risque relatif – RR – 1,00 ; IC95% : 0,97-1,03 ; 21.535 décès au total) ou la mortalité par cancer (RR = 1,01 ; IC95% : 0,92-1,12, portant sur 8 essais – 139.290 patients, 3.663 décès). Ils n’ont probablement que peu ou pas d’effet sur la mortalité cardiovasculaire (RR = 1,05 ; IC95% : 0,94-1,16 ; 9 essais, 170.227 participants, 6.237 décès), sur les cardiopathies ischémiques mortelles ou non (RR = 0,98 ; IC95% : 0,94-1,03 ; 4 essais ; 164.881 sujets, 10.325 événements) et les AVC (accidents vasculaires cérébraux) mortels ou non (RR = 1,05 ; IC95% : 0,95-1,17 ; 3 essais ; 107?421 participants, 4.543 événements). Le caractère probable ou improbable a été obtenu en calculant la valeur probante de chaque groupe d’essais pour chaque critère examiné.

Pour expliquer l’absence d’effet des bilans de santé, les auteurs supposent que les médecins de premier recours interviennent dès qu’ils constatent un risque élevé de pathologie chez un patient, même si celui-ci consulte pour une autre raison. De plus, il est probable que certaines personnes ayant un risque élevé de maladie ne se présentent pas aux bilans de santé qui leur sont proposés ou ne font pas les examens demandés.

En conclusion, il est peu probable que les bilans de santé soient bénéfiques...