Bilan 2010-2015 de la mortalité par AVC : les progrès réalisés ne doivent pas masquer ceux qui restent à faire

  • Gabet A & al.
  • Stroke
  • 9 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Entre 2010 et 2015, la mortalité par AVC a légèrement diminué en France. Ce constat, issu d’une analyse parue dans Stroke, est associé à certaines disparités. Ainsi, si la mortalité par AVC ischémique a diminué, aussi bien dans la période des 30 jours post-évènement que dans l’année qui suit, il n’en est pas de même concernant la mortalité par AVC hémorragique (intracérébral, sous-arachnoïdien) dont les chiffres restent stables. Cette disparité s’explique probablement par les progrès thérapeutiques, la conduite du plan national d’actions AVC 2010-2014 et l’amélioration de l’organisation territoriale concernant la prise en charge des AVC d’origine ischémique. Des progrès concernant la prise en charge des AVC hémorragiques sont maintenant attendus.

  • Le niveau socio-économique et le service de prise en charge sont également apparus comme des facteurs déterminants pour la mortalité associée à l’AVC. Ils doivent constituer des éléments de réflexion pour poursuivre l’amélioration du pronostic de la maladie.

Contexte de l’étude

Les données nationales concernant l’évolution du pronostic de l’AVC sont peu nombreuses. Cette étude a voulu déterminer les tendances dans le temps et les paramètres associés à la mortalité post-AVC sur la période 2010-2015, à partir de l’analyse des données du PMSI (sujets de plus de 18 ans résidant en France métropolitaine bénéficiaires du régime général).

Résultats

  • En 2015, 73.124 personnes ont été hospitalisées pour un AVC dont 76,9% étaient d’origine ischémique, 17,3% étaient intracérébraux (HIC) et 5,8% sous-arachnoïdiens (HSA). Ils touchaient les moins de 65 ans dans moins de 30% des cas, à l'exception de l'HSA (62%).

  • Au total, 63,3% des cas avaient eu lieu chez des sujets traités par antihypertenseurs ; cette prescription ne concernait cependant que 38,0% des sujets ayant présenté une HSA. Enfin, 3,6% et 8% des patients avaient déjà été hospitalisés pour un AVC au cours des 2 à 7 années ayant précédé l’évènement.

  • La mortalité au cours des 30 jours post-AVC était comprise entre 10,7% pour l’AVC ischémique et 34,4% pour l’HIC. Elle était également comprise entre 5,5% chez les 18-44 ans et 27% pour les >85 ans.

  • L’analyse multivariée montrait que les femmes avaient un risque de décès inférieur à celui des hommes dans la période de 31 à 365 jours post-AVC (HR compris entre 0,76 [0,68–0,84] pour les HSA et 0,94 [0,92–0,96] pour les AVC ischémiques). Aucune différence liée au sexe n’était observée au cours des 30 jours suivant l’évènement.

  • Les sujets n’ayant pas été admis dans une unité neurovasculaire avaient un risque de décès supérieur aux autres durant les 30 jours post-AVC (HR ajusté compris entre 1,61 [1,57-1,65] pour les AVC ischémiques et 2,28 [2,20-2,36] pour les HIC), et ce risque restait élevé également au cours des 31-365 jours suivants (1,27 [1,24-1,30] vs 1,57 [1,49-1,65]).

  • Le niveau socio-économique moyen de la zone d’habitation du patient était aussi associé à des taux de décès plus importants que lorsque le niveau socio-économique était plus élevé, que l’on considère la période des 30 premiers jours ou des 31-365 jours post-AVC (HR compris entre 1,11 et 1,25 selon la période et la nature de l’AVC). Ce constat était d’autant plus significatif que les sujets avaient moins de 65 ans.

  • Entre 2010 et 2015, le taux de décès à 1 an a légèrement diminué pour les formes ischémiques ou sous-arachnoïdiennes, avant 65 ans (respectivement de 7,3 à 6,9% et de 29,4 à 28,6%) et après 65 ans (respectivement de 29,2 à 27,9% et de 52,9 à 52,6%), les chiffres à 30 jours et à 365 jours reflétant les mêmes évolutions. Parallèlement, les chiffres ont légèrement augmenté concernant la mortalité dans les 30 jours post-HSA (16,2 à 16,9%).