Bien choisir son anti-hypertenseur pour limiter les risques de … fracture

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Les patients hypertendus de plus de 65 ans sont plus à risque d’hypertension et de fractures ostéoporotiques. Une méta-analyse portant sur des études observationnelles non randomisées, a suggéré qu’un traitement anti-hypertenseur à base de diurétique thiazidique pourrait améliorer la solidité osseuse et réduirait le risque fracturaire. Ce bénéfice pourrait être lié à un effet favorable sur le métabolisme calcique et à une stimulation directe des ostéoblastes. Les béta-bloquants pourraient également réduire le risque fracturaire. En revanche, peu de données existent sur l’effet des inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) et des inhibiteurs calciques (Ica), pourtant très utilisés chez cette classe d’âge. Des chercheurs ont profité d’une étude de grande envergure pour évaluer à travers des analyses secondaires, l’influence de différentes classes d’anti-hypertenseurs sur le risque fracturaire.

Méthodologie

  • ALLHAT (Antihypertensive and Lipid-Lowering Treatment to Prevent Heart Attack) est un essai clinique randomisé de grande ampleur, en double-aveugle, contrôlé, portant sur l’étude des bénéfices de quatre anti-hypertenseurs de première intention sur la prévention d’évènements cardio-vasculaires : un inhibiteur calcique (Ica) (l’amlodipine, 2,5-10 mg, n=9.048), un inhibiteur de l’enzyme de conversion (IEC) (le lisinopril, 10-40 mg, n=9.054) et un diurétique thiazidique (la chlortalidone, 12,5-25 mg, n=15.255). Les dosages étaient adaptés en fonction des besoins des patients.
  • Les patients inclus dans l’étude ALLHAT étaient des hommes et des femmes (≥55 ans, PAS ≥140 et/ou PAD ≥90 mmHg, prenant des traitements antihypertenseurs et ayant au moins un facteur de risque de maladie cardiovasculaire.
  • L’importance de la population étudiée, la longue durée de son suivi et la randomisation des patients offrait une opportunité d’examiner en analyse post-hoc les effets des principales classes d’anti-hypertenseurs sur l’incidence de l’hospitalisation pour fracture de la hanche ou du bassin.
  • L’analyse a voulu répondre à trois questions : L’incidence des fractures de la hanche et du bassin est-elle moins fréquente sous diurétiques thiazidiques que sous ICa ou IEC ? L’ajout d’un β-bloquant à la chlortalidone diminue-t-il le risque fracturaire ? L’éventuel bénéfice de la chlortalidone sur le risque fracturaire s’est-il maintenu durant la période post-étude ?
  • Pour répondre à ces questions, les chercheurs ont utilisé deux approches :
    • Un examen direct des données des patients entre la randomisation et la survenue d’une fracture ou l’arrêt de l’étude (décès ou fin du suivi). Cette méthode permettait de maintenir l’allocation de la randomisation.
    • Une analyse de sensibilité, menée une année après le démarrage de l’étude. Bien que cette méthode ne respectait pas strictement la randomisation, elle présentait l’avantage de lais...