Bevacizumab plus radiothérapie locorégionale : une association gagnante dans le cancer du sein ?

  • PLoS ONE

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Le bevacizumab est un anticorps monoclonal, anti-VEGF qui a bénéficié d’un plan de développement dans le cancer du sein non-métastatique en combinaison avec un traitement standard néoadjuvant et/ou adjuvant. Les patientes traitées en France ont été enrôlées dans l’étude TOLERAB (Toxicities of Locoregional Radiotherapy Associated with Bevacizumab in patients with non-metastatic breast cancer). Les résultats de cette étude montrent que la toxicité à 5 ans du bevacizumab dans ce contexte clinique est tout à fait acceptable. Si 17,4% des femmes ont rapporté une toxicité à 5 ans, tous les événements étaient de grade 1-2 et la majorité concernait des lymphœdèmes et des douleurs. Aucun cas de toxicité de grade ≥3 n’a été notifié.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Il s’agit de l’étude la plus large et la plus longue évaluant la toxicité de la combinaison bevacizumab et radiothérapie locorégionale.

Méthodologie

Cette étude multicentrique française observationnelle, prospective, à simple bras ayant inclus des patientes atteintes de cancer du sein non métastatique, a comparé la toxicité à 5 ans de l’association du bevacizumab (dose équivalente à 5 mg/kg une fois par semaine durant 1 an) et d’un traitement locorégional par radiothérapie, à un traitement par radiothérapie seule. Toutes les femmes ont reçu une chimiothérapie néoadjuvante ou adjuvante et une radiothérapie normofractionnée avec ou sans radiothérapie des nodules lymphatiques. La toxicité a été évaluée à 1, 3 et 5 ans après la fin de la radiothérapie. Sont présentés ici les résultats à 5 ans.

Principaux résultats

Au total, 64 patientes ont été incluses entre 2007 et 2010 : âge médian 52,9 ans, 60,9% de cancer du sein gauche, 89,1% de cancers de type canalaire invasif, 78,1% de grade III, 18,8% positifs aux récepteurs hormonaux, 23,4% HER2+, 68,8% triple-négatifs, suivi moyen de 60 mois et toxicité à 5 ans établie pour 46 patientes. Toutes les patientes ont reçu du bevacizumab en traitement adjuvant, et 24 patientes ont reçu du bevacizumab en traitement néoadjuvant et adjuvant. La dose médiane de bevacizumab délivrée était de 15.000mg et la durée médiane de traitement de 11,2 mois.

La survie globale à 5 ans, la survie sans progression et la survie sans progression à distance étaient respectivement de 90,4%, 90,4% et 90%.

À 5 ans, seulement 8 patientes ont rapporté une toxicité retardée. L’événement indésirable le plus fréquent était de grade I (lymphœdème (n=3), douleur (n=2)). Une patiente a eu une fibrose de grade I et une autre un lymphœdème de grade 2. Aucune toxicité ≥3 n’a été notifiée. Ces symptômes étaient retrouvés chez les femmes qui avaient eu les chirurgies les plus agressives avec mastectomie totale, résection nodulaire.

Aucune insuffisance cardiaque, ni péricardite, ni dyspnée n’a été rapportée. Sur les 37,5% de patientes (n=24) qui avaient eu une évaluation de la fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG), une seule avait une valeur

Principales limitations

Un nombre important de données de FEVG étaient manquantes.