Bêtabloquants dans la BPCO : une étude clinique randomisée contredit les données observationnelles

  • Dransfield MT & al.
  • N Engl J Med
  • 20 oct. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon l’étude BLOCK COPD, le métoprolol ne permet pas d’améliorer le délai avant la première exacerbation chez des sujets souffrant de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) par rapport à un placebo. Par ailleurs, les patients traités par le bêtabloquant sont apparus plus souvent hospitalisés pour exacerbations, ce qui a mené à l’arrêt prématuré de l’essai.

Pas de bêtabloquants dans la BPCO ?

Les bêta-bloquants ne sont généralement pas prescrits chez les patients BPCO sans pathologie cardiovasculaire du fait de la crainte de leurs effets sur la fonction pulmonaire. Pourtant, des études observationnelles ont suggéré un potentiel bénéfice chez ceux qui avaient des comorbidités cardiovasculaires, avec une réduction du risque d’exacerbations et de décès liés ou toutes causes, conclusions qui ont ensuite été confortées par des méta-analyses.

Cette étude ne laisse pas présager de l’efficacité du métoprolol chez des sujets moins sévèrement atteints ou à moindre risque d’exacerbations. De plus, elle ne permet pas de généraliser ses conclusions à tous les autres bêtabloquants cardiosélectifs ou aux bêtabloquants non cardiosélectifs. Ces résultats s’appliquent néanmoins aux patients souffrant de BPCO sévère présentant un risque élevé d'exacerbations, mais n’ayant pas d’indication spécifique pour les bêtabloquants. Ils ne peuvent s’appliquer à ceux ayant des indications cardiaques avérées, chez lesquels l’utilité des bêtabloquants doit être évaluée précautionneusement le cas échéant.

Résumé de la méthodologie et des résultats

BLOCK COPD est une étude prospective randomisée dans laquelle ont été recrutés des patients BPCO de 40 à 85 ans ayant une BPCO modérée ou sévère et à risque accru d'exacerbations, après exclusion de ceux prenant déjà un bêtabloquant ou qui avaient une indication pour cette classe thérapeutique. Ceux qui n’avaient pas de contre-indication aux bêtabloquants ont été randomisés entre le métoprolol et un placebo en suivant une période d'adaptation progressive de la posologie adaptée à la fréquence cardiaque, la pression artérielle systolique, et la modification du VEMS (jusqu’à une posologie finale de 25, 50 ou 100 mg/j).

Au total, 532 patients ont été randomisés (âge moyen 65,0 ans, VEMS moyen 41,1% de la valeur prédite). L'essai a été arrêté prématurément en raison de la futilité du critère d'évaluation principal et de signaux spécifiques en matière de sécurité. En effet, lors d’une analyse intermédiaire, le temps médian jusqu'à la première exacerbation était similaire (202 vs 222 jours sous métoprolol versus placebo ( hazard ratio HR : 1,05 [0,84-1,32], p=0,66) tandis qu’un risque accru d’hospitalisation pour exacerbation était attribué au métoprolol (HR 1,91[1,29-2,83]). La fréquence des effets indésirables liés au traitement ou d’évènements graves non respiratoires était similaire dans les deux groupes, tandis que 11 et 5 décès ont eu lieu dans les groupes métoprolol et placebo respectivement.

Financement

L’étude a été financée par des fonds publics américains.