Bénéfices de l’activité physique en cas de maladie de Parkinson : les preuves commencent à arriver !

  • van der Kolk NM & al.
  • Lancet Neurol
  • 11 sept. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Désormais vous pourrez dire à vos patients souffrant de la maladie de Parkinson « Faites de l’activité physique » en sachant que des preuves existent ! En effet, une étude menée en double aveugle chez des sujets souffrant d’une maladie de Parkinson d’intensité modérée ont vu leurs symptômes moteurs améliorés par un programme d’activité physique en aérobie. Ce programme consistait à faire du vélo à domicile durant 30 à 45 minutes à une fréquence cardiaque cible, 3 fois par semaine durant 6 mois. Un accompagnement motivationnel par application et une surveillance à distance venaient compléter ce programme. Les résultats se sont montrés cliniquement supérieurs à un programme contrôle de stretching.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Les données de bonne qualité sur l’intérêt de l’activité physique chez ces patients étaient jusque-là assez peu consistantes. Celles présentées ici conforteront les professionnels de santé à davantage insister sur le sujet auprès des patients nouvellement diagnostiqués ou présentant des formes modérées de maladie de Parkinson et de leur entourage. Cette étude serait l’une des plus importantes ayant évalué l’activité physique en aérobie dans cette situation clinique en complément d’une prise en charge médicamenteuse.

Méthodologie

Cette étude randomisée contrôlée a été menée en double aveugle, dans un centre médical des Pays-Bas. Les participants recrutés étaient âgés de 30 à 75 ans. Ils étaient sédentaires, avaient reçu le diagnostic de maladie de Parkinson (stade de Hoehn et Yahr ≤2) et étaient suivis en ambulatoire. Ils ont été randomisés entre un groupe intervention en « aérobie » et un groupe stretching (groupe « contrôle »). Les exercices étaient pratiqués sur un vélo d’appartement, à domicile, durant 30 à 45 min (30 min d’exercice en aérobie et 15 min d’échauffement et de récupération), 3 fois par semaines durant 6 mois. Les exercices en aérobie consistaient à faire du vélo à une fréquence cardiaque cible variant de 50 à 70% de la différence entre la fréquence cardiaque au repos et la fréquence cardiaque maximale. Celle-ci était progressivement augmentée.

Tous les participants avaient une application les aidant à rester motivés et bénéficiaient d’une supervision à distance. Les exercices à domicile étaient associés à des logiciels de réalité virtuelle et des vidéos pour apporter des éléments ludiques.

Principaux résultats

Entre 2015 et 2017, 130 patients ont été randomisés (65 dans le groupe aérobie et 65 dans le groupe contrôle). Le suivi des patients était bon puisque 96% des données étaient disponibles pour les analyses. Au total, 10 patients dans chaque groupe n’ont pas terminé le programme qui leur était assigné. Au cours des 6 mois de l’étude, en moyenne, 54 sessions d’exercice en aérobie et 60 sessions pour le groupe contrôle ont été réalisées.

La motricité jugée par le score moteur MDS-UPDRS était améliorée de manière cliniquement pertinente chez les sujets ayant réalisé le programme d’exercices en aérobie (score moyen 5,6 points versus 1,3 points, soit une différence entre les groupes de 4,2 points).

Une proportion plus importante de sujets a eu des effets indésirables potentiellement en lien avec le traitement dans le groupe aérobie versusle groupe contrôle (11% versus 6%). Ces événements étaient notamment une arthralgie ou des douleurs lombaires et des palpitations. La plupart de ces événements correspondaient à une aggravation d’un état pré-existant.

Principale limitation

L’utilisation d’une application motivationnelle via les nouvelles technologies pour une population de sujets âgés.