Bénéfice de la diminution de la consommation d’alcool sur les épisodes de fibrillation atriale

  • Voskoboinik A & al.
  • N Engl J Med
  • 2 janv. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude australienne a été menée chez 140 sujets souffrant de fibrillation atriale et consommant 10 verres d’alcool ou plus par semaine. Les résultats montrent qu’une réduction importante de cette consommation, de 17 à 2 verres en moyenne par semaine, permettrait de réduire significativement la survenue d’épisodes de fibrillation atriale. Ainsi, même chez des consommateurs réguliers et importants d’alcool, une réduction significative de la consommation d’alcool présente des bénéfices à court terme. Les auteurs évoquent un mécanisme multifactoriel, agissant notamment sur les systèmes sympathique et parasympathique, la volémie, le poids et l’inflammation.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Il est admis que la consommation excessive d’alcool est notamment associée à la fibrillation atriale. Malgré tout, peu d’études prospectives ont évalué l’effet de l’abstinence sur la prévention de cette atteinte arythmique. D’où l’intérêt de cette étude. 

Protocole de l’étude

Cette étude multicentrique, prospective, randomisée et contrôlée a été menée en ouvert au sein de six hôpitaux australiens. Des adultes consommant l’équivalent de 10 verres d’alcool ou plus par semaine (1 verre correspondant à l’équivalent de 12 g d’alcool pur), ayant une fibrillation atriale paroxystique ou persistante ont été randomisés dans un groupe « abstinence d’alcool » ou un groupe contrôle, dont les sujets ne devaient pas changer d’habitudes de consommation d’alcool. Les sujets du groupe « abstinence d’alcool » étaient invités à s’abstenir complètement de toute consommation d’alcool durant 6 mois. Les épisodes de fibrillation atriale et la proportion de temps passé en fibrillation atriale – mesurés par des dispositifs portables - ont été les 2 paramètres suivis durant les 6 mois de l’étude. Les patients étaient suivis par Holter ou devaient transmettre deux fois par jour, un ECG de 30 secondes (ou plus souvent en cas de symptômes). L’observance de l’abstinence et la consommation quotidienne d’alcool faisaient l’objet d’une auto-déclaration.

Principaux résultats

Au total, 140 sujets ont été randomisés (70 dans le groupe « abstinence d’alcool » et 70 dans le groupe contrôle). La plupart d’entre eux  (74,3%) consommaient surtout du vin et de la bière. Les sujets du groupe « abstinence d’alcool » ont réduit en moyenne leur consommation de 87,5%, passant de 16,8 à 2,1 verres/semaine, et 61% ont atteint l’abstinence totale. Les sujets du groupe contrôle ont tout de même réduit un peu leur consommation d’alcool, passant de 16,4 à 13,2 verres/semaine en 6 mois.

À 6 mois, 53% des sujets du groupe « abstinence alcoolique » et 73% des sujets du groupe contrôle avaient eu une récidive d’épisode fibrillation atriale, c’est-à-dire un épisode d’une durée supérieure à 30 secondes. Par rapport aux individus qui avaient continué leur consommation d’alcool, ceux qui avaient intégré le groupe « abstinence d’alcool » avaient une période sans épisode de fibrillation atriale significativement plus longue (hazard ratio 0,55 [0,36-0,84], p=0,005).

À 6 mois, les sujets du groupe « abstinence alcoolique » avaient passés deux fois moins de temps en fibrillation atriale que les sujets contrôles (0,5% du temps versus 1,2%, p=0,01).

Principales limitations

Le matériel de mesure des troubles du n’était pas identique pour tous les patients. La consommation d’alcool était auto-déclarée.