BCG et cancer : enseignements après 60 ans de suivi

  • Usher NT & al.
  • JAMA Netw Open
  • 4 sept. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Les personnes ayant été vaccinées par le BCG ne présentent pas de sur-risque de diagnostic de lymphome ou de leucémie au cours de leur vie, comme cela a pu être rapporté à travers d’autres études, concluent les chercheurs américains qui ont analysé le suivi d’une cohorte constituée dans les années 1930. Cette analyse, menée pour l’ensemble des localisations tumorales, a mis en évidence que la seule différence d’incidence observée concernait le cancer pulmonaire, ceux ayant été vaccinés présentant un risque réduit par rapport à ceux qui ne l’avaient pas été.

Les auteurs soulignent que plusieurs mécanismes immunologiques pourraient médier cette effet collatéral du BCG vis-à-vis du risque de cancer pulmonaire. Ils devront être investigués dans le cadre de nouvelles études.

Le suivi unique d’un groupe formé de natifs américains

Le présent travail a été conduit à partir du BCG vaccine trial qui avait été mené en simple aveugle après randomisation contre placebo auprès d’enfants de moins de 20 ans appartenant à une dizaine de tribus de natifs américains et alaskiens issus de différents territoires. Entre 1992 et 1998, les données de suivi médical de 2.963 personnes, parmi les 3.261 initialement recrutés et réparties aléatoirement entre les deux groupes, ont été analysées, une fois écartées les 633 et les 632 patients décédés dans les bras placebo et BCG respectivement.

Pas de risque global

A l’issue du suivi des sujets, 325 tumeurs malignes ont été notifiées, soit 240 pour 100.000 années-personnes.

Le risque total de cancer n'était pas significativement différent entre le groupe BCG et le groupe placebo, avec respectivement une incidence de 222 et de 262 par 100.000 années-personnes respectivement (HR 0,82 [0,66-1,02]). En revanche, l’analyse menée séparément pour les différentes localisations a mis en évidence 42 cas de cancer du poumon survenus selon une incidence respective de 18 cas et de 45 cas par 10.000 années-personnes (HR 0,39 [0,20-0,76]). Cette conclusion était vérifiée pour les sujets issus de cinq États et de neuf groupes tribaux, suggérant une efficacité indépendante de l’origine géographique, culturelle ou génétique.

Aucun autre type de tumeur maligne ne présentait d’incidence différente entre le groupe vacciné et le groupe non vacciné, avec notamment des taux de leucémies et de lymphomes rapportés qui était comparables dans le groupe BCG et le groupe placebo (HR 0,80 [0,35-1,82]).