Bactéries à BLSE : pronostic des infections urinaires fébriles pédiatriques en fonction du traitement


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Messages principaux

  • Selon l’étude multicentrique rétrospective européenne TOO CUTE, le pronostic des enfants atteints d’infection urinaire fébrile liées à des bactéries productrices de bêtalactamases à spectre élargi (EBSL) est le même, que ce soit en termes de normalisation de la température ou de risque d’échec clinique, que l’antibiothérapie empirique initiale soit ou non microbiologiquement efficace, et qu’elle comporte une ou plusieurs molécules.

 

Peu d’études ont comparé les différents traitements préconisés par les recommandations internationales relatives au traitement de l’infection urinaire des enfants par des bactéries productrices de bêtalactamases à spectre élargi (EBSL). TOO CUTE est une étude européenne rétrospective menée dans 14 hôpitaux européens (dont deux français), menée sur la question avec un objectif : évaluer si la nature et l’efficacité du traitement initial influence l’évolution de la température et le risque d’échec clinique.

Principaux résultats

La cohorte, recrutée entre janvier 2017 et juillet 2017 était constituée d’enfants de 0 à 18 ans hospitalisés avec une infection urinaire et une température supérieure à 38°C à l’admission ou avant l’arrivée, et pour lesquels le test microbiologique révélait la présence d’une bactérie à EBSL. Les enfants recevaient les soins de référence selon les protocoles locaux.

Au total, 142 enfants (40,1% de garçons, âge moyen 1,1 ans) ont été recensés parmi lesquels l’analyse des données a été possible pour 138 d’entre eux. La plupart d’entre eux étaient infectés par E. coli (85,9%) puis Klebsiella spp (10,6%). Les tests de sensibilité ont permis de les grouper entre 61 sujets pour lesquels l’antibiothérapie initiale était efficace et 77 pour lesquels elle ne l’était pas. Aucune différence n’a été observée entre le temps avant normalisation de la température entre ces groupes d’enfants (1,0 jours pour les deux). De même, le délai était identique que les enfants aient reçu un protocole antibiotique constitué d’une seule molécule ou d’une combinaison. Enfin, les enfants présentant un échec clinique (persistance/récurrence de la fièvre ou de signes/symptômes évocateurs de l’infection pendant le traitement) étaient respectivement 3,4% et 6,1% dans les groupes traités par antibiothérapie initiale efficace ou inefficace respectivement (p=0,683). Aucune différence n’a été observée selon la nature de l’antibiothérapie. Il en était de même pour les récidive/récurrence à plus long terme.

Cette étude permet de préciser le profil et évolution clinique des infections urinaires liées à des pathogènes producteurs de EBSL. Elle suggère également que la fièvre n’est pas un marqueur pertinent pour mener de futurs essais cliniques sur la prise en charge de telles infections chez l’enfant.