Bactériémies : les facteurs de risque de mortalité à court terme décryptés

  • Robineau O, Robert J, Rabaud C et al.
  • Infection and Drug Resistance
  • 31 août 2018

  • de Agnès Lara
  • Actualités médicales
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À retenir

Une étude réalisée au sein de 121 hôpitaux français a évalué la mortalité associée aux bactériémies et a identifié les facteurs de risque associés. Elle montre que les infections à bactéries multi-résistantes restent encore peu nombreuses dans notre pays et sont surtout contractées à l’hôpital. Une prise en charge précoce (

Observation des bactériémies au sein de 121 hôpitaux français

Environ 1,2 millions de bactériémies sont recensées chaque année en Europe, et elles sont responsables de milliers de décès. Cette étude prospective française, menée entre novembre 2014 et février 2015, a pu analyser les données de 1.952 sujets ayant présenté une bactériémie ou une fongémie (regroupées ici sous le terme de bactériémie), et a collecté toutes les informations susceptibles d’avoir un impact sur leur évolution. Les facteurs prédictifs de mortalité ont ensuite été recherchés pour l’ensemble des bactériémies ou plus spécifiquement pour celles associées aux soins.

Une origine nosocomiale dans 39% des cas

La plupart des bactériémies identifiées étaient d’origine communautaire (45%) et 39% étaient d’origine nosocomiale. Il s’agissait de bactériémies non sévères (68%), de sepsis sévères (22%) ou de chocs septiques (10%), avec présence de localisations secondaires chez 20% des patients (endocardite ou abcès non considérés comme porte d’entrée). Des bactéries multirésistantes étaient présentes dans 10% des cas, et plus fréquemment dans les bactériémies associées aux soins. Les germes incriminés étaient essentiellement des bactéries productrices de béta-lactamases à spectre étendu (BLSE, 59% des cas) ou des streptocoques dorés résistants à la méthicilline (SARM, 33%).

Les infections urinaires représentaient la porte d’entrée la plus fréquente pour l’ensemble des bactériémies, ainsi que pour les bactériémies communautaires, alors que la pose d’un cathéter était plus souvent responsable de celles associées aux soins.

L’importance d’une prise en charge précoce et adaptée

Au regard de la sensibilité aux antibiotiques, 93% des patients avaient reçu au moins un antibiotique actif. Les antibiothérapies empiriques et ciblées était adaptées dans 61% et 94% des cas, respectivement. La présence d’un sepsis sévère, d’un choc septique, une allergie aux bêta-lactamines, un âge avancé (>72 ans) et une porte d’entrée autre autre qu’urinaire, ont pu être identifiés comme des facteurs de risque indépendants de la mortalité à 10 jours. Alors que l’initiation d’une antibiothérapie efficace dans les 48h était, à l’inverse, associée à une mortalité réduite.

Une prise en charge en phase aiguë par les équipes de soins était également associée à une réduction de la mortalité à 10 jours, pour l’ensemble des bactériémies comme pour celles associées aux soins.