Bactériémies à Staphylococcus aureus : les cinétiques européennes confirmées à l’échelon local


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux :

  • les bactériémies à Staphylococcus aureus (SA) méthicilline sensibles (SAMS) ont augmenté entre 2010 et 2017, alors que celles à SA résistants à la méthicilline (SARM) ont diminué.
  • la part du complexe clonal SAMS-CC398 augmente régulièrement depuis 2010.

SA est le second agent responsable de bactériémies, responsables d’un risque de morbimortalité important. Les données épidémiologiques européennes suggèrent que l’incidence des SAMS est en constante augmentation, tandis que d’autres, à l’échelon plus régional, suggèrent l’évolution inverse. Ces tendances pourraient être liées au contexte de prévalence locale des SAMS et des SARM.

En recherchant les évolutions locales au sein du CHU de Besançon, une équipe de chercheurs a confirmé qu’au niveau local, l’incidence des bactériémies à SA suivent les tendances européennes, avec une augmentation des formes liées aux SAMS (82,1 à 89,4% entre 2010 et 2017) et une baisse de celles liées aux SARM (17,9 à 10,6%), avec une part identique et stable dans le temps des formes nosocomiales et des formes communautaires.

Sur cet ensemble, la part relative au complexe clonal CC398 a progressivement augmenté, passant de 3,6 à 20,2% des SA isolés dans les bactériémies. Il s’agissait principalement de souches SAMS-CC398, seuls 3 isolats SARM-CC398 ayant été identifiés sur 2016-2017. Ces données rejoignent également celles observées à l’échelle européenne.

L’implication croissante du CC398

Le complexe clonal 398 du SA a émergé au début des années 2000, initialement parmi les personnes en contact étroit avec des élevages porcins. Il a ensuite été observé dans d'autres filières de production, et chez les animaux de compagnie. Sa pathogénie a été rapidement décrite dans la foulée avec une incidence croissante des infections humaines, associées à des formes parfois sévères. L’existence d’une transmission interhumaine, heureusement transitoire, a ensuite été observée. Enfin, plusieurs publications ont décrit la survenue de cas d’infections nosocomiales liées à ce complexe clonal.

Les SAMS-CC398 étant décrits comme favorisant les infections invasives, peuvent aussi bien sévir au niveau hospitalier que communautaire. Les auteurs posent l’hypothèse que ce complexe clonal est l’un des vecteurs responsables de l’augmentation de l’incidence des bactériémies à SAMS dans leur établissement. Il est cependant important, selon eux, d’identifier plus précisément leurs caractéristiques et les déterminants de leur diffusion.