Bactériémies à Pseudomonas aeruginosa : quelle bêta-lactamine choisir ?

  • Babich T et al.
  • Clin Infect Dis.

  • Par Agnès Lara
  • Actualités Médicales
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À retenir

  • La comparaison de monothérapies à base de ceftazidime, de cabapénèmes ou de pipéracilline-tazobactam dans le traitement des bactériémies à Pseudomonas aeruginosa n’a pas montré de différence significative concernant la mortalité à 30 jours, les résultats cliniques, microbiologiques ou encore les effets indésirables.
  • Mais des bactéries résistantes sont apparues de façon plus fréquente suite à un traitement par carbapénèmes et notamment par imipénèmes.
  • Ces résultats, en plus de la tendance actuelle à épargner les carbapénèmes, incitent à utiliser la ceftazidime et la pipéracilline-tazobactam pour les infections impliquant des souches sensibles à ces antibiotiques, en tenant compte de l’épidémiologie locale.

 

 

Il n’existe actuellement pas de consensus sur le traitement antibiotique optimal des bactériémies à Pseudomonas aeruginosa (Pa) qui sont pourtant associées à des taux de mortalité élevés chez les patients hospitalisés. La prise en charge repose souvent sur une monothérapie de bêta-lactamines comme traitement empirique et définitif, mais sans que les choix soient clairement orientés. Pour préciser les choses, une équipe internationale incluant des chercheurs de l’Université de Lorraine, a comparé l’efficacité et la sécurité des plus utilisées dans ce type d’infection : la ceftazidime, les carbapénèmes et la pipéracilline-tazobactam. L’étude a inclus les données de 767 patients adultes hospitalisés avec une bactériémie à Pa et traités par une monothérapie à bêta-lactamines dans 9 pays en Europe, en Australie ou en Israël entre 2009 et 2015.

Sur les 767 patients inclus, 134 (17,5%) sont décédés dans les 30 jours. À cette date, il n’a pas été enregistré de différences significatives sur la mortalité selon la monothérapie antibiotique administrée, et ce quel que soit le type d’analyse utilisée (uni- ou multivariée ou après ajustement sur le score de propension à l’inclusion) : 17,4% dans le groupe ceftazidime, 20% dans le groupe carbapénèmes, et 16% dans le groupe pipéracilline-tazobactam.

Le nombre d’échecs cliniques, microbiologiques ou d’effets indésirables n’a pas fait apparaître non plus de différences entre les groupes de traitement. En revanche, des résistances sont apparues plus fréquemment avec les carbapénèmes (17,5%, dont imipénèmes 27,3%) qu’avec la ceftazidime (12,4%) et la pipéracilline-tazobactam (8,4%) (p=0,007).