Bactériémie aux soins intensifs : 2,3 fois plus de risque de décès à 30 jours lorsque l'antibiothérapie initiale n'est pas adaptée

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Une bactériémie acquise en unité de soins intensifs (USI), définie par la survenue d’une infection dans les 72 heures après l’admission, survient chez environ 5% des patients admis en USI. Il a été démontré dans de grandes cohortes que ces évènements constituaient un facteur indépendant de mortalité, après ajustement sur la sévérité de la maladie. Par ailleurs, il existe des données contradictoires concernant l'influence de la source de l'infection, de la gravité de la maladie ou encore de la nature du pathogène et de sa sensibilité aux antibiotiques. Une publication émanant de réanimateurs et de chercheurs du groupe d'étude français OutcomeRea vient de dresser un état des lieux de la mortalité à 30 jours des infections sanguines contractées en USI en décrivant l'impact de l'épidémiologie, des caractéristiques cliniques, des facteurs de risque, de la nature du pathogène et du traitement initial sur le pronostic.

Méthodologie

  • Les bactériémies ont été recherchées et analysées au sein de la cohorte des 17.014 sujets de plus de 18 ans admis entre 1997 et 2013 dans l'une des 23 USI françaises participantes et inclus à la base OutcomeREa.

  • Pour chaque patient, l'âge et le sexe ont été recensés. Parmi les caractéristiques cliniques enregistrées, étaient prospectivement enregistrés le score de McCabe et la sévérité de la maladie à l'inclusion en utilisant plusieurs scores : SAPS II (Simplified Acute Physiology Score), SOFA (Sequential Organ Failure Assessment) et GCS (Glasgow Coma Scale).

  • Les motifs d'admission, le diagnostic à l'admission, le recours à des procédures invasives, le traitement des défaillances organiques et la provenance du patient avant hospitalisation ont aussi été analysés.

  • La présence ou l'absence d'infections devaient être documentées selon les critères standards habituels.

  • La bactériémie acquise en USI était définie par un début d'infection survenant au moins 48 heures après l'admission, avec au moins une hémoculture positive sans rapport avec une infection présente à l'admission.

  • En l'absence de source d'infection identifiée, la bactériémie était classée comme primaire. Elle était considérée comme secondaire lorsqu'elle faisait intervenir le même pathogène que celui identifié au niveau de la source suspectée.

  • Le jour de l'initiation de l'antibiothérapie était enregistré. Ce traitement était considéré comme précoce et approprié lorsqu'il comportait au moins un antimicrobien efficace in vitro sur le ou les pathogènes identifiés et initié dans les 24h suivant le diagnostic.

Résultats

  • Au total, 10.734 patients ont été admis au moins 72 heures en USI durant la période considérée. 48% (n=4.918) d'entre eux ont été suivis durant 30 jours ou sont décédés avant, et 35% (n=3.526), transférés dans un autre établissement durant cette période, n'ont pu être intégrés à l'étude.

  • Parmi les 10.734 patients, 571 (5,7%) avaient développé une ou plusieurs bactériémies, soit 4,78 pour 1.000 jours passés en USI (1,47±0,9 épisodes par patient). En moyenne, ces évènements avaient lieu 11,4 jours après l'...