Bactériémie à germe gram négatif : la CRP permet-elle de guider la durée de l’antibiothérapie ?


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  •  Chez les adultes atteints de bactériémie non compliquée à germe gram négatif, le taux d'échec clinique à 30 jours et à 90 jours serait le même que la durée de l’antibiothérapie soit guidée par la PCR ou qu’elle soit initialement fixée à 7 ou 14 jours. Les limitations liées à cette étude imposent toutefois de confirmer ces résultats par d’autres travaux.

Les bactériémies à germes gram-négatif motivent souvent la mise en place d’antibiothérapies de durée fixe. Afin d’en limiter la durée, et donc réduire leur impact écologique et le risque d’émergence de résistances, une équipe suisse s’est penchée sur la pertinence d’un guidage de la prescription par le taux de protéine C-réactive (PCR), qui est un marqueur bien connu de l’inflammation.

Ainsi, une étude a été mise en place entre avril 2017 et avril 2019, et a inclus tous les adultes hospitalisés pour une bactériémie gram négative dans l’un des trois hôpitaux suisses participants. La randomisation a été conduite au 5 e jour, une fois l’antibiothérapie évaluée comme efficace, et a permis de randomiser les patients entre un bras antibiothérapie 7 jours (7J), un bras antibiothérapie 14 jours (14J) et un bras dans lequel la durée de traitement était adaptée au taux de CRP (bras CRP, arrêt si taux de CRP

Il s’agissait d’une étude d’efficacité en non-infériorité (marge de 10%) avec un critère principal correspondant à la survenue d’un échec clinique (rechute, récidive, complication suppurative ou autre liée au même germe, décès) à J30.

Principaux résultats

Au total, 504 patients ont été randomisés (170 dans le groupe PCR, 169 dans le groupe 7J, 165 dans le groupe 14J). Les patients présentaient un âge médian de 79 ans (61% de femmes, indice de comorbidité de Charlson de 1), avec parmi eux, 21% de diabétiques et 30% d’insuffisants rénaux. La bactériémie était liée à E. coli dans 74% des cas, 17% à Klebsiella spp et 4% à Proteus spp.

Au total, le suivi à 30 et à 90 jours était disponible pour 98% et 89% des patients inclus. La durée médiane de l’antibiothérapie a été de 7 jours dans le groupe CRP, mais 21% ont eu une violations de protocole (sortie de l’hôpital précoce, analyse sanguine indisponible...).

Le critère principal a été vérifié chez 2,4% des patients du groupe CRP, contre 6,6% et 5,5% des groupes 7J et 14J respectivement, soit des différence -3,1% pour le groupe CRP par rapport au groupe 14J (p

Ainsi, la durée de l’antibiothérapie guidée par la PCR au lit du malade était non inférieure à celle de 14 jours, et à celle de 7 jours. La marge de non-infériorité était cependant relativement large et la disparité observée des durées totales d’antibiothérapie conduites dans ce groupe (5 à 28 jours) incitent toutes deux à mener une nouvelle étude confirmatoire.