Bactériémie à entérobactéries : passer plus rapidement de l’antibiothérapie injectable à orale

  • Tamma PD & al.
  • JAMA Intern Med
  • 22 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Des chercheurs américains ont comparé la mortalité à 30 jours des patients adultes recevant une antibiothérapie contre une bactériémie à entérobactérie, selon que le traitement était maintenu par voie IV ou qu’il était remplacé par une forme orale entre J1 et J5. Leurs résultats permettent de suggérer que la transition progressive vers la voie orale pourrait être plus largement utilisée en clinique, les taux de décès et de récidives rapportés étant comparables dans les deux bras.

Contexte de l’étude

Si le traitement des bactériémies à entérobactéries est bien codifié, la voie d’administration est laissée à la discrétion des équipes médicales. La voie IV est souvent privilégiée dans les premiers temps de la prise en charge hospitalière, mais une fois la réponse clinique observée, la transition vers une voie orale ne fait l’objet d’aucun consensus. Or, les avantages de cette voie sont potentiellement nombreux : confort du patient, moindre risque de complications, réduction des coûts et des durées d’hospitalisation…. Il était donc intéressant de comparer les deux types d’approches.

Méthodologie

L’étude a été menée rétrospectivement dans 3 centres hospitaliers universitaires entre janvier 2008 et décembre 2014. Tous les patients adultes hospitalisés pour une bactériémie à entérobactéries mono-microbiennes et pour lesquels les tests et données de suivi nécessaires étaient disponibles ont été recensés. Ont ensuite été identifiés ceux qui avaient été traités de façon continue par antibiothérapie durant l’hospitalisation et qui présentaient une réponse clinique sous antibiothérapie à J5, que le traitement ait été administré par IV en continu ou ait été remplacé par la voie orale avant J5. Un appariement (1:1) par score de propension a ensuite été réalisé à partir de ce groupe de patients éligibles (n=2.161) afin de comparer le pronostic à 30 jours (mortalité toutes causes confondues). Seuls les traitements IV pour lesquels une formulation orale est disponible ont été considérés.

Principaux résultats

  • Au total, 2.161 patients étaient éligibles (54,8% d’hommes, âge médian 59 ans) et 1.478 ont intégré l’analyse selon les scores de propension.

  • Les deux groupes présentaient plusieurs différences : ceux passés au traitement oral avaient moins souvent présenté une neutropénie sévère ou, nécessité une hospitalisation en soins intensifs. Ils avaient moins eu recours à une association d'antibiotiques et avaient présenté un score de gravité moins élevé à J1. Par ailleurs, ils présentaient plus souvent une infection d’origine urinaire, et moins souvent gastro-intestinale, pulmonaire ou associée à un cathéter.

  • L'appariement par le score de propension a permis de prendre en considération 739 patients dans chaque bras, soit 40,2% de bactériémies d’origine urinaire, 20,1% d’origine gastro-intestinale, 18,4% liées au cathéter, 3,9% d’origine pulmonaire et 2,8% issues des tissus mous.

  • Au total, le nombre de décès à 30 jours était de 13,4% dans le groupe IV contre 13,1% dans le groupe oral (HR : 1,03 [0,82-1,30]). Le taux de récidives était également comparable entre les deux groupes (0,5% vs 0,8%, HR 0,82 [0,33-2,01]).

  • Enfin, les durées d’hospitalisation étaient plus courtes pour les patients du groupe oral (5 vs 7 jours [4-14], p

Principales limitations

L’étude était rétrospective. Les cas de récidives étaient rares.

Financement

L’étude a été financée par les institutions de santé américaines.