Baby-boomers, génération X, génération millénium : la cirrhose change de visage !

  • Flemming JA & al.
  • Lancet Gastroenterol Hepatol
  • 17 déc. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Univadis Résumés Cliniques
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Quel est l’intérêt de cette publication ?

Depuis plusieurs années des experts émettent des signaux d’alerte concernant l’augmentation de l’incidence de la cirrhose et la modification de certaines de ses caractéristiques. Seules deux publications ont jusqu’à présent évalué la prévalence de la cirrhose chez les jeunes adultes. La première est britannique et remonte à 2001 et la seconde est américaine et s’est focalisée sur une population spécifique représentée à 95% par des hommes. Il était donc utile de mener ce travail transgénérationnel afin d’avoir des données épidémiologiques actualisées et de mieux comprendre les causes de l’évolution de cette pathologie pour mettre en place des stratégies adaptées dans l’objectif de renverser certaines tendances pour les générations à venir. 

Que retenir ?

Au total, 165.979 individus porteurs d’une cirrhose ont été identifiés entre 1997 et 2016 en Ontario. Les analyses montrent que la cirrhose change de visage au fil des générations. L’incidence par âge standardisé a augmenté au cours des 20 dernières années, passant de 70,6 personnes-années en 1997 à 89,6/100.000 en 2016. La prévalence globale a doublé sur cette même période, passant de 0,42% à 0,84%. Les changements inter-générationnels ne sont pas anodins :

  • La génération « baby-boomer », née entre 1945 et 1965. Elle détient le triste record de la génération la plus atteinte par la cirrhose sur l’ensemble de la population : 80.268 sujets, soit 48% de l’ensemble des cas identifiés entre 1997 et 2016. L’âge moyen au diagnostic est de 53 ans, et 35% des individus de cette cohorte souffrent également de diabète. 
  • La génération « X », née entre 1966 et 1979. Au total, 20.507 sujets de la cohorte souffrant de cirrhose appartenait à cette génération. L’âge moyen au diagnostic était plus bas que celui de leurs aînés (38 ans). 
  • La génération « Y ou millénium », née à partir de 1980. Certes, seuls 7.107 cas de cirrhose ont été diagnostiqués dans cette population, mais les sujets les plus âgés n’ont pas encore atteint la cinquantaine ! La stéatopathie métabolique (NAFLD ou non alcoholic fatty liver disease) correspond à 57% des causes de cirrhose identifiées au sein de cette population.

La cirrhose a-t-elle changé de sexe ?

Si la proportion relative d’hommes souffrant de cirrhose est plus élevée chez les baby-boomers (62% d’hommes versus 38% de femmes), les différences hommes/femmes ont tendance à diminuer au fil des générations (58% d’hommes atteints pour la génération X et 52% pour la génération millénium).

L’étiologie de la cirrhose a-t-elle évolué au cours des deux dernières décennies ? 

Oui ! Si la cirrhose d’un baby-boomer à plus de risque d’être consécutive à une hépatite virale, celle d’un individu de la génération X a autant de risque d’être d’origine virale que métabolique (hépatite virale dans 44% des cas et NAFLD dans 45%) et celle d’un sujet de la génération millénium est consécutive à une NAFLD dans 57% des cas.

Méthodologie

Cette étude de cohorte canadienne est basée sur des données rétrospectives issues des bases médicales administratives. Les individus inclus devaient être âgés de 18 ans ou plus et avoir eu au moins une consultation avec diagnostic de cirrhose ou de varices œsophagiennes sans saignement.