AVK : nouvelle contre-indication pendant la grossesse et arrêt des initiations de fluindione


  • Fanny Le Brun
  • Univadis Actualités médicaments
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Les antivitamines K (AVK) sont des médicaments à base de fluindione (Préviscan®), de warfarine (Coumadine®) ou d’acénocoumarol (Sintrom®, Minisintrom®). Ils ont une activité anticoagulante et sont indiqués notamment en cas de fibrillation auriculaire, de thrombose veineuse ou d’embolie pulmonaire.

En plus du risque hémorragique commun à tous les anticoagulants, les AVK peuvent causer des effets indésirables d’ordre immuno-allergique (atteintes rénales tubulo-interstitielles, hépatiques, hématologiques ou atteintes cutanées à type de DRESS). Ces réactions immuno-allergiques surviennent habituellement au cours des 6 premiers mois de traitement et sont plus fréquentes avec la fluindione qu’avec les coumariniques (warfarine et acénocoumarol), c’est pourquoi l'ANSM a décidé de restreindre les indications de la fluindione. Les professionnels de santé sont donc invités à :

  • Ne plus initier de traitement par la fluindione et à privilégier la prescription de coumariniques, ou de médicaments appartenant à une autre classe d’anticoagulant,
  • Etre particulièrement attentifs, pour les patients déjà traités par fluindione, à ce risque immuno-allergique au cours des 6 premiers mois de traitement. Les patients doivent être informés de ce risque et de la nécessité de contacter leur médecin ou leur pharmacien en cas de symptômes inhabituels.

La poursuite de la fluindione chez les patients déjà traités depuis plus de 6 mois et bien équilibrés est à privilégier au regard des risques hémorragiques ou thromboemboliques potentiellement graves liés au changement de ce type de traitement.

Par ailleurs, en cas de prise pendant la grossesse, tous les AVK peuvent nuire gravement au fœtus et à l’enfant à naître (risque d’avortement spontané, de mort in utero, de malformations notamment de la face, du squelette et du cerveau, de retard de croissance et d’hémorragies). Par conséquent, les AVK ne doivent jamais être utilisés pendant la grossesse, excepté pour les femmes porteuses d’une valve cardiaque mécanique présentant un risque élevé de thrombose pour lesquelles il n’existe pas d’alternative thérapeutique plus efficace.

Les femmes en âge d’avoir des enfants doivent utiliser une contraception efficace pendant le traitement et prévenir leur médecin en cas de grossesse ou de souhait de grossesse  afin de changer de traitement.

En cas de prise d’un AVK pendant la grossesse, un diagnostic prénatal spécialisé (échographique voire IRM) adapté en fonction de la période d'exposition pendant la grossesse doit être instauré et un suivi particulier de l’enfant à naître devra être mis en place.

En cas de nécessité de poursuite d’un traitement anticoagulant pendant la grossesse, le passage à l'héparine s'impose à partir de la 36ème semaine d'aménorrhée.

Il est important de prévenir les patients de ne pas arrêter leur traitement sans en avoir parlé préalablement à leur médecin car un arrêt brutal peut avoir des conséquences graves pour leur santé.