AVC ischémique : quel est le meilleur biomarqueur prédictif d’une transformation hémorragique ?

  • Krishnamoorthy S & al.
  • Cerebrovasc Dis

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Le dosage des MMP-9 sériques constitue le facteur prédictif le plus fiable pour prédire la transformation hémorragique d’un AVC ischémique lors de sa prise en charge par thrombolyse. Deux autres biomarqueurs – ferritine et fibronectine cellulaire – semblent également spécifiques, mais l’ampleur de leur intervalle de confiance rend ces deux paramètres moins fiables pour une utilisation clinique.

 

L’AVC ischémique peut évoluer vers une transformation hémorragique (TH) après la thrombolyse qui, si elle est symptomatique (THs), expose le patient à une augmentation de la morbimortalité. Disposer de biomarqueurs permettant d’identifier les sujets les plus à risque pourrait être utile en pratique clinique, mais l’hétérogénéité des cas inclus sous la terminologie TH d’une étude à l’autre a jusqu’à présent compliqué cette tâche. Des chercheurs ont conduit une revue de la littérature et méta-analyse sur le sujet.

Ils ont identifié 30 études anglophones, parues entre 2000 et 2020, et ayant étudié la valeur pronostique de biomarqueurs sériques chez des patients de 18 ans ou plus, parmi lesquels 16 ont permis l’analyse quantitative.

Principaux résultats

Au total, MMP-9 a été étudié par 10 études (n=1.494). Selon les études, le taux seuil utilisé était de >140 ng/mL ou de >700 ng/mL. La plupart ont décrit une association péjorative entre un taux élevé et le risque hémorragique. Parmi elles, 7 études (n=754) ont pu être incluses dans la méta-analyse. Ainsi, un taux sérique élevé de MMP-9 ≥140 ng/mL permettait de prédire un risque 29 fois plus élevé d’hématome parenchymateux, un sous-type de TH (OR poolé 29,57 [17,75-49,27]). L'analyse bivariée montrait que la sensibilité de ce biomarqueur était de 0,849 et le taux de fausse positivité de 0,180.

D’autres biomarqueurs ont été évalués dans cette méta-analyse : la fibronectine cellulaire (c-Fn), la ferritine, la protéine S100B impliquée dans la régulation du calcium, et le rapport neutrophiles/lymphocytes (RNL). Les deux premiers révèlent une importante sensibilité, mais l’intervalle de confiance qui leur est associé les rend moins fiables pour une utilisation en routine clinique.