AVC ischémique mineur : une étude en défaveur de l’altéplase

  • Khatri P & al.
  • JAMA
  • 10 juil. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • L’altéplase administrée dans les 3 heures suivant un AVC ischémique (score NIHSS

  • Si l’étude a dû être arrêtée prématurément du fait d’un recrutement trop lent, ses données suggèrent que l’altéplase pourraient être plus délétère que bénéfique pour les AVC mineurs. La prudence des cliniciens à utiliser le thrombolytique dans les situations sans signes apparents de déficits est renforcée par ces conclusions, même si une nouvelle étude serait nécessaire pour le confirmer.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La place des traitements thrombolytiques dans la prise en charge aiguë des AVC ischémiques varie selon la sévérité de l’évènement. Du fait du risque hémorragique concomitant, leur utilisation est plus mesurée dans les évènements les moins graves. La conduite de l’étude PRISMS visait à mieux évaluer la balance bénéfice-risque de l’altéplase dans ce contexte.

Méthodologie

  • L’étude PRISMS a recruté des patients de 18 ans ou plus ayant présenté dans les 3 précédentes heures un AVC ischémique léger (score NIHSS

  • Le critère principal d’évaluation était le taux de patients présentant un pronostic fonctionnel favorable à 90 jours (score 0 ou 1 sur l’échelle de Rankin modifiée, mRS). Le critère principal de sécurité était la survenue d’une HIC dans les 36 heures suivant l’administration.

Principaux résultats

  • Au total, 313 patients ont été recrutés et randomisés (âge moyen 62 ans, score NIHSS moyen : 2).

  • Le taux de patients présentant un pronostic favorable à 90 jours était identique dans les deux groupes, avec respectivement 78,2% sous altéplase contre 81,5% sous placebo, soit une différence de risque absolue de -1,1% [-9,4 à 7,3%]. La distribution des patients selon le score mRS était également identique dans les deux groupes.

  • Parallèlement, 3,2% des patients ayant reçu la glycoprotéine ont souffert d’une HIC alors qu’aucun patient sous placebo n’en a présenté (différence de risque absolue : 3,3% [0,8-7,4%].

Principales limitations

L’étude a été arrêtée prématurément et le critère d’exclusion de déficit invalidant apparent restait subjectif et a pu engendrer un recrutement hétérogène.

Financement

L'étude a été financée par Génentech Inc.