AVC aigu : quid de l’administration précoce de nitroglycérine en transdermique ?

  • Lancet
  • 5 févr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon ces résultats, la nitroglycérine administrée par voie transdermique dans la phase aiguë d’un AVC présumé ne semblerait pas améliorer l'indépendance fonctionnelle à 90 jours. 

Que sait-on déjà sur le sujet ?

Une pression artérielle élevée est fréquemment retrouvée en cas d’AVC aigu et constitue un facteur prédictif péjoratif. Cependant, les résultats des études menées pour diminuer la pression artérielle dans le cadre de la prise en charge de l’AVC dans sa phase aiguë précoce reste contradictoires. Pourtant, la nitroglycérine (un donneur d’oxyde nitrique, impliqué dans la régulation de la PA et le contrôle de l’activité cérébrale, encore appelé trinitrine) pourrait être bénéfique si elle est administrée précocement après l’apparition des premiers symptômes.

Qu’apporte cette étude ?

Cette étude de phase 3 menée par la British Heart Foundation, a évalué l’intérêt de l’administration de nitroglycérine (NGC) dans la phase précoce de l’AVC présumé, chez des adultes ayant un score FAST (Face, Arm, Speech, Time) de 2 ou 3 et une PAS ≥120mmHg. Les sujets ont été randomisés (1:1) pour recevoir soit de la nitroglycérine transdermique (5 mg/j durant 4 jours), soit une procédure factice. Contrairement aux patients, les ambulanciers avaient connaissance du traitement. Celui-ci était initié par un ambulancier lors du transport en urgence dans les 4 heures post-apparition des premiers symptômes et était poursuivi en milieu hospitalier.

Ainsi, 1.149 sujets ont participé à l’étude (n=568 dans le groupe NGC et 581 dans le groupe « procédure factice », âge moyen 72,5 ans, 48% de femmes). Le temps médian entre les premiers symptômes et l’initiation du traitement était de 73 min. 

  • Sur l’ensemble de la cohorte, 52% des sujets avaient un AVC ischémique, 13% une hémorragie intracérébrale, 9% un AIT et 26% un « stroke mimic », c’est à dire un déficit neurologique brutal qui ressemble à un AVC mais qui n’a pas d'origine vasculaire.
  • Au moment de l’admission hospitalière, la PAS et la PAD étaient diminuées respectivement de 5,8 mmHg et 2,6 mmHg dans le groupe NGC par rapport au groupe ayant subi la « procédure factice » (p
  • Aucune différence d'indépendance fonctionnelle à 90 jours (mesurée par le Modified Rankin Scale à 7 niveaux, par téléphone) n’a été mise en évidence entre les patients traités par NGC ou « procédure factice », ni au sein du sous-groupe des patients ayant eu un AVC ou AIT confirmé, ni au sein de la cohorte totale.
  • Le taux de décès à 90 jours n’était pas non plus différent entre les deux groupes de patients.

Principales limitations

L’étude a été réalisée en simple aveugle, car il n’a pas été possible de réaliser un placebo de la forme nitroglycérine en patch.